Bleu horizon

Couverture R bleu horizon

1917. Blessé et meurtri par trois années de combats en première ligne de front, un soldat est démobilisé. Ancien instituteur, il revient dans son village en pays de Tullins où l’attend son épouse.

Emma ne le quittait pas des yeux. Elle hésitait : devait-elle courir vers lui ou au contraire afficher une certaine retenue ? Le poids des mois d’absence pesait sur ses épaules, la rendait fébrile.
Elle embrassa du regard le visage amaigri, dénué de toute expression familière. Les rides creusaient et durcissaient prématurément les traits autrefois si doux. Ses yeux parcoururent la ligne des épaules, le buste puis les jambes de Jean. Il lui parut plus petit, presque fragile.
Était-ce une blessure à la cuisse qui le déséquilibrait, l’obligeait à faire de brèves haltes ?
Ils ne s’étaient pas revus depuis octobre 1915. Deux ans de séparation forcée.
Le regard de Jean se posa enfin sur sa femme. Une lueur de panique le traversa. Il fit un pas en arrière et jeta un coup d’œil à gauche puis à droite, à la recherche d’une échappatoire. N’en trouvant aucune, ne sachant comment cacher son appréhension, et comprenant qu’il était trop tard pour reculer, il se décida à aller au-devant d’Emma. Sans prononcer la moindre parole. En réponse à son étreinte, il effleura de ses lèvres desséchées la joue de celle qu’il avait certainement aimée afin d’y déposer un baiser furtif. Maladroit.

valérie Brun nb
Valérie BRUN est diplômée d’Histoire. Depuis 2011, elle se con-sacre à l’écriture. Elle a publié plusieurs ouvrages dont deux recueils de nouvelles noires, « Le sort en est jeté », primé au Salon du livre d’Allevard (Isère), « Innocences envolées » chez Zonaires éditions et un roman « Un pacte au goût de cendre », primé au concours international de Servon sur Vilaine.

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Bleu horizon, un roman de Valérie Brun, 210 pages, 17 € + 4,00 Fdp
Parution le 12 aout 2017 ISBN:979-10-94810-11-8

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15 comments

  1. MLéa dit :

    Après une longue séparation depuis la dernière permission de son époux, Emma rêve du retour de Jean, même avec quelques blessures… pourvu qu’il revienne.
    Mais quand il est de retour, rien ne se passe comme elle l’avait rêvé, espéré. Le Jean qui revient n’est plus son Jean. Absent, violent, incapable de reprendre ses fonctions d’instituteur pour lesquelles il était respecté dans son village.
    Jean revient avec une épée de Damoclès au dessus de sa tête, suite à ce qu’un supérieur l’a obligé de faire. Il en devient presque fou ! On apprend ce qu’il s’est passé par les souvenirs qu’il écrit dans des carnets qu’il cache précieusement.
    Emma, à la fois fragile et forte, cherche à savoir, à comprendre et à le protéger par tous les moyens.
    Mais le protéger de quoi ? De qui ?
    De ce supérieur qui rôde ? des villageois qui veulent sa peau, se doutant que le retour avec une simple blessure cache quelque chose de louche ? de son frère, jaloux ? de ses propres démons ?
    L’histoire est passionnante, on ne quitte le livre que lorsqu’on l’a terminé. La guerre est en arrière plan, avec ses horreurs, détruisant les hommes, physiquement et moralement, même quand elle ne leur prend pas la vie.
    Les personnages sont merveilleusement bien campés, étudiés, ils évoluent au fil de l’histoire, avec des sentiments et des actes parfois contradictoires et hors de toute logique.
    Alors qu’à quelques pages de la fin, on croit deviner la fin, cela se termine autrement, mais je n’en dirais pas plus, pour ne rien enlever au suspense, merveilleusement entretenu.

  2. Armorique dit :

    Un très bon roman qui pourrait être porté à l’écran sans problème…

  3. valérie Brun dit :

    Des commentaires qui font chaud au coeur. Merci.

  4. Martine Galati dit :

    Parmi les belles lectures que j’ai faites ces derniers jours, ce roman de Valérie Brun « Bleu horizon », paru aux éditions Zonaires, figure en très bonne place.
    Martine Galati
    Suite de la chronique sur http://www.leslecturesdemartine.com/tag/les%20lectures%20de%20martine/

  5. Marie Noëlle A.B. dit :

    Merci à l’auteur qui a su nous faire partager d’une belle et simple façon, la vie de cette famille touchée par la guerre, nous avons vécu avec eux l’angoisse, la haine et la méchanceté de la vie de village.
    Nous avons aussi vécu la vie de ces soldats dans les tranchées, les souffrances morales et physiques qu’ils ont subies sans vrai reconnaissance.
    En le lisant j’ai redécouvert certains aspects des « lettres de poilus » de J.P. Guéno. Chacun vivait cet enfer différemment, tous ne sont pas revenus mais les rescapés sont rentrés marqués pour la vie avec l’espoir d’un monde meilleur.

  6. Denise L. dit :

    J’ai été très heureuse de lire « Bleu horizon ».
    Ce livre est très bien écrit et surtout très prenant. Quand on commence et entre dans ce livre, on n’a pas envie de le quitter, c’est très simple je l’ai lu en deux jours.
    Un grand Merci à Valérie Brun pour cet excellent ouvrage.

  7. Bob S. dit :

    J’ai dévoré le livre de Valérie et j’ai beaucoup apprécié la justesse des mots, l’authenticité de la situation, et la belle histoire, tour à tour, heureuse et dramatique et pleine de suspense.

  8. Valérie Brun dit :

    lire les avis enthousiastes des lecteurs est une belle récompense. Merci à tous !

  9. Sandrine Buttin dit :

    Quel bel ouvrage. Encore une fois je suis rentrée dans le livre, je l’ai dévoré.
    Mme Brun m’emporte dans son univers dès la première page.
    Encore merci pour ce beau moment de lecture.

  10. Laurence M. dit :

    Valérie Brun nous plonge dans l’univers terrible de la guerre 14 -18 par le biais d’une fiction. L’arrière-plan historique est d’une grande justesse et l’analyse psychologique des personnages est très fine, leur évolution parfaitement maîtrisée. On sent que l’auteure s’est documentée ou qu’elle connaît très bien cette période. Il y a, bien sûr, un aspect documentaire et didactique évident mais avant tout, Bleu Horizon est un roman émouvant, captivant aussi car on ne sait pas comment tout cela va finir. Les personnages sont justes, attachants, ils incarnent des protagonistes de la première guerre mondiale – le poilu de retour du front, dont les blessures de guerre les plus profondes ne sont pas forcément celles que l’on voit comme le nez au milieu de la figure ( si j’ose dire ), l’épouse et la mère qui ne disposent d’aucune arme pour lutter contre l’attente et la peur, l’épouse qui ne reconnait pas, en l’homme brisé de retour à la maison, celui qu’elle a aimé – mais ils acquièrent, au fil des pages, une force, une épaisseur qui les rend tout simplement … humains, vivants.

  11. Lysbel dit :

    Bravo Valérie pour ton écriture de Bleu Horizon. J’ai beaucoup apprécié sa peinture fine des personnages très représentatifs de la vie de bien des villages français. Ces charmants villages peuvent se révéler redoutables quand leurs vases clos viennent se fendre au contact d’évènements exceptionnels surgis aussi bien de l’extérieur que nés de leurs propres confinements.
    Il semble que de manière générale, le rideau se lève peu à peu sur les hypocrisies de l’Histoire et la noblesse supposée de nos grandes batailles. Peu familière de ces sujets, j’ai retrouvé dans Bleu Horizon, des réminiscences de lecture à travers des évocations de portraits, d’atmosphères ou de paysages qui m’ont rappelé des auteurs comme Colette.
    Très agréable à lire!

  12. Hopak dit :

    Il n’est jamais trop tard pour dire du bien du dernier livre de Valérie Brun « Bleu horizon ».
    L’auteure a pleinement réussi à créer une atmosphère dans ce roman traitant indirectement de la guerre de 14-18.Suspicion dans le village, où Emma est institutrice, à l’égard de Jean, l’ancien instituteur et mari d’Emma,démobilisé en 1917 à cause d’une blessure à la cuisse et de troubles psychiques engendrés par les combats au Front. Désarroi d’Emma qui ne retrouve pas dans ce blessé l’homme qu’elle aime. Abattement, angoisse de Jean que perturbent des cauchemars qui lui font revivre les événements dramatiques au Front. Les personnages ont de la chair, on les suit pas à pas dans cette vie marquée par la guerre.

  13. Valérie Brun dit :

    Merci, vos commentaires me touchent.

  14. Jeanine dit :

    Tout simplement B R A V O ! Quel talent ! On dirait du vécu. La lecture est facile, le style rapide, tout est crédible ; Nous l’avons passé à nos amis, tous sont unanimes pour reconnaitre l’authenticité du récit. Bravo Valérie, continue ! tu as du talent !

  15. Eireann Yvon dit :

    Dommages collatéraux
    Premier roman de Valérie Brun que je lis. Elle est l’auteur de plusieurs recueils de nouvelles que j’ai particulièrement appréciés et chroniqués sur ce blog.
    Une famille française prise dans la tourmente de la Grande Guerre, celle de 1914/1918. Jean, l’ancien instituteur du village, est revenu de la guerre. Il retrouve Emma, son épouse, également institutrice dans un petit village du pays de Tullins. En plus de ses blessures physiques, il paraît évident à Emma que Jean est plus atteint encore moralement ! Quel secret cache-t-il ?
    Jean se dérobe, la nuit il hante les rues de la ville créant autour de lui un climat de suspicion pour ne pas dire de peur. Emma est désemparée, elle essaye de comprendre, incitant son mari à reprendre son poste d’instituteur, ne serait-ce que pour quelques élèves. Mais il semble que le reste de la population ne soit pas d’accord. Durant ces longues périodes de solitude et de dépression, Jean se remémore le temps passé dans les tranchées. L’horreur de la guerre, la mort du lieutenant Neyret, et son remplacement à leur tête par le capitaine Leblanc, homme détesté s’il en était. Homme pleutre incapable, mais arrogant et cassant. Jean, avec son ami Guillaume Goriot, ont élaboré un plan : se blesser mutuellement. Mais les oreilles de Leblanc traînaient dans les environs et la sentence fut aussi terrible que vicieuse. Guillaume y perdit la vie. Chose que son père reprochera à Jean, à qui il vouera une haine profonde.
    Emma se sent bien seule pour gérer la vie quotidienne de sa famille, des enfants de son école, sous le regard désapprobateur de beaucoup des habitants du village…
    Les personnages sont des gens ordinaires, habitants d’un village de la France profonde avec leurs qualités et leurs défauts, qu’accentuent les temps troubles des périodes de guerres.
    Emma, l’épouse, femme de tête, sorte d’insoumise avant l’heure. Son combat de tous les jours est admirable. Jean, son époux, est traumatisé dans son âme et dans sa chair, aucun retour de l’enfer n’est sans conséquences. François, le frère de Jean, a un rôle pour le moins ambigu. Il semble très amoureux de sa belle-sœur, est jaloux que son frère, lui, ne remonte plus au front. Deux narrations se côtoient dans ce récit, mais comme Emma et Jean pendant un très long moment, elles ne se rencontrent pas vraiment.
    Un très bon roman sur un sujet peu abordé, la vie d’une petite communauté durant un conflit.

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