{"id":3277,"date":"2020-10-01T10:30:41","date_gmt":"2020-10-01T09:30:41","guid":{"rendered":"https:\/\/www.zonaires.com\/?p=3277"},"modified":"2024-04-29T10:12:26","modified_gmt":"2024-04-29T09:12:26","slug":"le-silence-des-baobabs","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.zonaires.com\/?p=3277","title":{"rendered":"Le silence des baobabs"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-3278\" src=\"https:\/\/www.zonaires.com\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/couverture-silence-des-baobabs-300x424.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"424\" srcset=\"https:\/\/www.zonaires.com\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/couverture-silence-des-baobabs-300x424.jpg 300w, https:\/\/www.zonaires.com\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/couverture-silence-des-baobabs-148x210.jpg 148w, https:\/\/www.zonaires.com\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/couverture-silence-des-baobabs-768x1086.jpg 768w, https:\/\/www.zonaires.com\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/couverture-silence-des-baobabs-724x1024.jpg 724w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/p>\n<p>La voix des griots<a href=\"#_ftn1\" name=\"_ftnref1\"><span style=\"color: #000000;\">[1]<\/span><\/a> r\u00e9sonnait encore. Le souffle des anc\u00eatres bruissait dans les branches. Le sang des circoncis se m\u00ealait \u00e0 la s\u00e8ve. Les tam-tams et les coups de pilons\u00a0rythmaient la danse incandescente des masques. Le c\u0153ur du village battait au pied du baobab. Les sages veillaient et l\u2019esprit des anciens \u00e9tait toujours pr\u00e9sent. Les symboles et les totems occupaient une place importante. L\u2019homme parlait avec les objets et communiquait avec la nature. Cet \u00e9quilibre culturel a vacill\u00e9 au fil des g\u00e9n\u00e9rations et s\u2019est progressivement d\u00e9fait.<br \/>\nDans la p\u00e9nombre, les ombres se d\u00e9placent et les silhouettes s\u2019\u00e9loignent.<br \/>\nSous l\u2019arbre \u00e0 <span style=\"color: #000000;\">palabre<a style=\"color: #000000;\" href=\"#_ftn2\" name=\"_ftnref2\">[2]<\/a> <\/span>le village s\u2019inqui\u00e8te.<br \/>\nLa situation prend une couleur diff\u00e9rente vue \u00e0 hauteur d\u2019un ballon de foot ou d\u2019un arbre, \u00e0 hauteur d\u2019un enfant ou des adultes du village. Mais tous ressentent l\u2019abandon, l\u2019incompr\u00e9hension, le tragique.<br \/>\nLes masques traditionnels seraient-ils capables d\u2019apporter leur aide\u00a0? Ignor\u00e9s et oubli\u00e9s, ils accusent les nouvelles g\u00e9n\u00e9rations de les confiner et de les r\u00e9duire \u00e0 de simples objets.\u00a0 Pour manifester leur m\u00e9contentement, ils hantent les jeunes jusque dans leur sommeil, les contraignant \u00e0 fuir pour ne pas tomber malade. La col\u00e8re<span style=\"color: #000000;\"> mascherale<a style=\"color: #000000;\" href=\"#_ftn3\" name=\"_ftnref3\">[3]<\/a><\/span> ne serait-elle pas la vraie coupable\u00a0?<br \/>\nLa s\u00e9cheresse menace, les arbres meurent, les rivi\u00e8res se dess\u00e8chent, les pluies se font rares, les puits se tarissent, les greniers sont vides, les b\u00eates ont soif.<br \/>\nL\u2019arbre isol\u00e9 part \u00e0 la recherche de la for\u00eat. Le ballon s\u2019interroge sur sa solitude.<br \/>\n\u00abRythm\u00e9s par la voix du griot, les palabres et les conseils des sages, tentent de r\u00e9concilier les traditions avec la vie d\u2019aujourd\u2019hui.\u00a0Hommes aux pieds ail\u00e9s\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0nouveaux Ulysse\u00a0\u00bb, ceux qui partent, pouss\u00e9s par la main ferme de l\u2019urgence, errent dans l\u2019enfer du d\u00e9sert, affrontent une mer imp\u00e9tueuse, pour rejoindre un ailleurs incertain. Ceux qui restent ruminent leurs peines. Les m\u00e8res, les \u00e9pouses pleurent l\u2019\u00eatre parti et chantent leur m\u00e9lancolie tandis que d\u2019autres confient leurs secrets au baobab ou aux forces mystiques.<br \/>\nLe conteur, lui, n\u2019est jamais tr\u00e8s loin. II raconte les histoires d\u2019hier et \u00e9crit les r\u00e9cits de demain.<br \/>\n<span style=\"color: #000000;\"><a style=\"color: #000000;\" href=\"#_ftnref1\" name=\"_ftn1\">[1]<\/a> Griot<\/span>\u00a0: En Afrique noire, membre de la caste des po\u00e8tes musiciens ambulants, d\u00e9positaires de la culture orale et r\u00e9put\u00e9 \u00eatre en relation avec les esprits.<br \/>\n<span style=\"color: #000000;\"><a style=\"color: #000000;\" href=\"#_ftnref2\" name=\"_ftn2\">[2]<\/a> L\u2019arbre<\/span> \u00e0 palabres est un lieu traditionnel de rassemblement, \u00e0 l&#8217;ombre duquel on s&#8217;exprime sur la vie en soci\u00e9t\u00e9, les probl\u00e8mes du village, la politique. C&#8217;est aussi un lieu o\u00f9 les enfants viennent \u00e9couter conter des histoires par un ancien du village.<br \/>\n<span style=\"color: #000000;\"><a style=\"color: #000000;\" href=\"#_ftnref3\" name=\"_ftn3\">[3]<\/a> Mascherale<\/span>\u00a0: adjectif relatif aux masques.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\"alignleft wp-image-3286\" src=\"https:\/\/www.zonaires.com\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/Silvia-148x210.jpg\" alt=\"\" width=\"113\" height=\"160\" \/><strong>Silvia TREBBI<\/strong>. Je dessine. Je dessine depuis toujours. C\u2019est une fa\u00e7on de penser, une fa\u00e7on de voir, une fa\u00e7on de parler sans bruit.<br \/>\nPourtant, j\u2019aime les dessins qui parlent, les dessins qui bougent de case en case, \u00e0 chaque page.<br \/>\nLa feuille de dessin me stimule. La page blanche me monte \u00e0 la t\u00eate. Elle accepte de recevoir platement mes divagations graphiques et de participer \u00e0 la cr\u00e9ation d\u2019un monde d\u2019encre et de papier, qui se construit peu \u00e0 peu sur elle et par elle, de ma t\u00eate \u00e0 ma main, entre la plume et le trait. La politesse de la page blanche est d\u2019h\u00e9berger gracieusement mon dessin, celui-l\u00e0 m\u00eame qui me raconte qui je suis et je ne peux vous en dire davantage.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\"alignleft wp-image-3287\" src=\"https:\/\/www.zonaires.com\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/Papa-malick2-148x210.jpg\" alt=\"\" width=\"117\" height=\"166\" \/><strong>Papa Malick FALL<\/strong>. Les mots, des mots\u2026<br \/>\nJe les cherche toujours. Je les scrute dans la profondeur de la nuit. Je les cueille dans la ti\u00e9deur de l\u2019ennui. Je les guette dans la fragilit\u00e9 du matin. Ils pi\u00e9tinent mes ombres. Ils rasent les murs. Ils dansent dans le miroir. Ils avancent dans la lumi\u00e8re. Ils chuchotent dans le brouillard.\u00a0 Ils narguent mon sommeil et hantent mes r\u00eaves. Je les sens. Je les respire. Je les entends murmurer dans le vent.\u00a0 Je les entends bourdonner dans le silence. Ils se bousculent, s\u2019essoufflent, s\u2019effacent. Je les entends tomber, se relever, tituber. Ils cherchent leur ponctuation.\u00a0 Ils sont vers, rimes, m\u00e9lodies&#8230;\u00a0 Ils bruissent dans le feuillage.\u00a0 Ils s\u2019illuminent dans le sourire de cette fille que je croise au coin d\u2019une rue. Ils sont suspendus dans son regard, tremblent sur ses l\u00e8vres, effleurent sa chevelure.<\/p>\n<p><strong>Le silence des baobabs<\/strong>, roman graphique de Silvia Trebbi et Papa Malick Fall, 92 pages 21 x 29,7 reli\u00e9,\u00a013 \u20ac + 6,90 \u20ac de frais de port (France m\u00e9tropolitaine) suppl\u00e9ment pour les d\u00e9partements outre-mer<br \/>\n<strong>ISBN\u00a0979-10-94810-30-9<\/strong>\u00a0 Parution le 26 octobre 2020.<\/p>\n<p><span style=\"color: #ff0000;\"><strong>Attention : Livre \u00e9puis\u00e9<\/strong><\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Bande annonce :<\/strong><\/p>\n<div style=\"position: relative; padding-bottom: 56.25%; height: 0; overflow: hidden;\"><iframe loading=\"lazy\" style=\"width: 100%; height: 100%; position: absolute; left: 0px; top: 0px; overflow: hidden;\" src=\"https:\/\/www.dailymotion.com\/embed\/video\/x7wkmdi?autoplay=0\" width=\"100%\" height=\"100%\" frameborder=\"0\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\"><\/iframe><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La voix des griots[1] r\u00e9sonnait encore. 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