{"id":116,"date":"2013-01-11T11:20:18","date_gmt":"2013-01-11T10:20:18","guid":{"rendered":"http:\/\/www.zonaires.com\/?page_id=116"},"modified":"2020-12-26T17:23:56","modified_gmt":"2020-12-26T16:23:56","slug":"prochainement-2","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.zonaires.com\/?page_id=116","title":{"rendered":"Post lecture"},"content":{"rendered":"<h4><span style=\"color: #ff6600;\"><strong>Caf\u00e9 rencontre-Psychanalyse<\/strong><\/span><\/h4>\n<p>Le 19 d\u00e9cembre 2020 se tenait \u00e0 Gap dans le cadre des \u00ab\u00a0Caf\u00e9 rencontre-Psychanalyse\u00a0\u00bb une<strong> c<\/strong>onversation entre Guan Jian, auteure de plusieurs livres publi\u00e9s en Chine et en France et, Jacques Ruff, psychanalyste, membre de l&#8217;ECF et de l&#8217;AMP autour des questions ayant trait \u00e0 l\u2019\u00e9criture et la publication.<\/p>\n<p>Cette rencontre avait pour titre\u00a0: \u00ab\u00a0<strong>Plus j&#8217;\u00e9cris fran\u00e7ais, plus je me sens chinoise<\/strong>\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Vous pouvez lire ci-dessous\u00a0le pr\u00e9ambule de Guan Jian et \u00e9couter les \u00e9changes entre les participants.<\/p>\n<p>Vous pouvez \u00e9galement commander \u00e0 partir du site les deux livres dont il est question dans cette conversation \u00ab\u00a0La pluie de l\u2019aube\u00a0\u00bb publi\u00e9 en 2016 et \u00ab\u00a0Si maman \u00e9tait l\u00e0\u00a0\u00bb publi\u00e9 en 2020.<\/p>\n<p><strong><span style=\"color: #ff6600;\"><span style=\"color: #000000;\">Lire le pr\u00e9ambule<\/span>\u00a0<a href=\"https:\/\/www.zonaires.com\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/Texte-Guan-Jian-pour-caf\u00e9-rencontre.pdf\">Texte Guan Jian pour caf\u00e9 rencontre<\/a><\/span><\/strong><\/p>\n<h4>Ecouter les \u00e9changes (en 3 parties, dur\u00e9e totale 1h20)<\/h4>\n<p><strong>Partie 01<\/strong><\/p>\n<!--[if lt IE 9]><script>document.createElement('audio');<\/script><![endif]-->\n<audio class=\"wp-audio-shortcode\" id=\"audio-116-1\" preload=\"none\" style=\"width: 100%;\" controls=\"controls\"><source type=\"audio\/mpeg\" src=\"https:\/\/www.zonaires.com\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/Rencontre-Guan-Jian-et-jacques-Ruff-partie-01.mp3?_=1\" \/><a href=\"https:\/\/www.zonaires.com\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/Rencontre-Guan-Jian-et-jacques-Ruff-partie-01.mp3\">https:\/\/www.zonaires.com\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/Rencontre-Guan-Jian-et-jacques-Ruff-partie-01.mp3<\/a><\/audio>\n<p><strong>Partie 02<\/strong><\/p>\n<audio class=\"wp-audio-shortcode\" id=\"audio-116-2\" preload=\"none\" style=\"width: 100%;\" controls=\"controls\"><source type=\"audio\/mpeg\" src=\"https:\/\/www.zonaires.com\/wp-content\/uploads\/2020\/12\/Rencontre-Guan-Jian-et-jacques-Ruff-partie-02.mp3?_=2\" \/><a 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wp-image-3152\" src=\"https:\/\/www.zonaires.com\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/commentaire-constellation-du-corbeau-1-1024x636.jpg\" alt=\"\" width=\"810\" height=\"503\" srcset=\"https:\/\/www.zonaires.com\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/commentaire-constellation-du-corbeau-1-1024x636.jpg 1024w, https:\/\/www.zonaires.com\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/commentaire-constellation-du-corbeau-1-300x186.jpg 300w, https:\/\/www.zonaires.com\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/commentaire-constellation-du-corbeau-1-768x477.jpg 768w, https:\/\/www.zonaires.com\/wp-content\/uploads\/2020\/05\/commentaire-constellation-du-corbeau-1.jpg 1482w\" sizes=\"(max-width: 810px) 100vw, 810px\" \/><\/h4>\n<h4><\/h4>\n<h4 style=\"text-align: center;\"><strong>* * *<\/strong><\/h4>\n<h4 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #ff6600;\"><strong>Laurence Marconi<\/strong> \u00ab\u00a0<strong>L\u2019ombre de la colline<\/strong>\u00a0\u00bb<\/span><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un lecteur, qui pr\u00e9f\u00e8re rester anonyme, a envoy\u00e9 cette superbe analyse de ce recueil de nouvelles<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pourquoi ajouter \u00e0 la Pr\u00e9face stimulante du recueil et aux commentaires qui soulignent les belles qualit\u00e9s des pages de Laurence Marconi ? Simplement pour dire le plaisir ressenti \u00e0 cette lecture et en remercier l\u2019auteure, en esp\u00e9rant ne rien enlaidir.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le titre, <strong>L&#8217;Ombre de la colline<\/strong>, loin de limiter les possibles avec deux noms au singulier d\u00e9termin\u00e9s (l\u2019et la), les multiplie. De la colline immobile na\u00eet la mouvance de l\u2019ombre qui n\u2019est ni destruction ni mort, mais effacement progressif. Tout le talent se r\u00e9v\u00e8le dans les variations pour peindre la surprise de vieillir, cette fronti\u00e8re flottante et mal d\u00e9finie car, pour parodier Ionesco \u00ab Tout le monde est le premier \u00e0 (mourir) vieillir \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Premier coup de gomme (<strong>l\u2019intrus<\/strong>) avec la plaisante trag\u00e9die de Claire, pr\u00e9nom proph\u00e9tique pour affronter l\u2019ombre. L\u2019ennemi est plant\u00e9 dans le d\u00e9cor g\u00e9n\u00e9ral, vous ne pourrez plus l\u2019en arracher.<br \/>\nL\u2019ombre gagne un peu plus dans le huis clos de la voiture et les \u00e9changes lacunaires de La petite lueur o\u00f9 tout est fait pour retenir le lecteur jusqu&#8217;au twist impitoyable. Plus l\u00e9g\u00e8rement, dans <strong>Sonate d\u2019automne<\/strong>, Henri et Jimmy nous font mesurer que les mots aussi vieillissent mais qu\u2019il y aura toujours une solution pour parler d\u2019amour.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le lancinant balancement entre l\u2019ombre et la lumi\u00e8re se propage aux autres textes. <strong>Caf\u00e9-comptine<\/strong> est une chanson douce : les premiers mots fixent tout \u00e0 l&#8217;insu du lecteur : \u00ab trois gouttes de caf\u00e9 &#8230; comme de son propre sang. \u00bb La fin \u00e9claire ce fin myst\u00e8re de l&#8217;incarnation : Milo, Juliette, Gaspar \/\/ font, font, font (le nombre 3 du d\u00e9but sugg\u00e9r\u00e9 ici par la triple r\u00e9p\u00e9tition de &#8220;font&#8221;, et on peut ajouter la pr\u00e9sentation fractionn\u00e9e &#8221; Milo et Juliette &#8230; et puis Gaspard &#8221; qui est l&#8217;\u00e9cho de &#8220;2 + 1 font trois&#8221;. En plus du rappel de la comptine c\u00e9l\u00e8bre mais sans le n\u00e9gatif&#8230; et puis s&#8217;en vont &#8230; le tourbillon omnipr\u00e9sent se perp\u00e9tue. Le tourbillon est celui du caf\u00e9 (1\u00b0 \u00a7) qui devient par sublimation volutes (2\u00b0\u00a7) et par int\u00e9riorisation vertige (3\u00b0\u00a7), mouvement perp\u00e9tuel de la vie farandole. Et l&#8217;ombre ? Elle ne peut an\u00e9antir celle qui se nomme Lucie, la lumineuse, qui comme toutes les lumi\u00e8res attire les papillons : &#8220;les enfants papillonnent autour de Lucie&#8221;, tr\u00e8s belle image fragile, \u00e9ph\u00e9m\u00e8re. Caf\u00e9 noir dans la tasse blanche symbolise par les deux &#8220;couleurs&#8221; l&#8217;imbrication de toute vie finissante avec toute vie nouvelle, c&#8217;est la m\u00eame consolation secr\u00e8te que dans <strong>Fragments<\/strong>. Il n&#8217;y a pas de retour possible, mais il peut y avoir une forme de recommencement que d&#8217;autres vont moduler \u00e0 leur mani\u00e8re, caf\u00e9 \u2026 cr\u00e8me, \u2026noir &#8230; mais caf\u00e9 \u00e0 jamais ; le verbe &#8220;passer&#8221; peut s&#8217;appliquer \u00e0 la vie comme au caf\u00e9 et la cafeti\u00e8re &#8220;murmure&#8221; ou &#8220;ronronne&#8221; car dans cette aventure c&#8217;est \u00e0 elle que revient le dernier mot.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Fragments<\/strong> peint la dispersion de ce qui fit la vie, quasiment une forme de diaspora intime du h\u00e9ros, mais, magnifiquement et conform\u00e9ment \u00e0 l&#8217;\u00e9tymologie de diaspora il y a l&#8217;id\u00e9e de semer, de germination future : tout objet reprendra vie ailleurs dans sa famille d&#8217;adoption, s\u00e9paration fertile. L\u2019\u00e9criture fouille cette m\u00e9tamorphose avec les nombreux verbes au pr\u00e9fixe d\u00e9 (d\u00e9poser, d\u00e9charg\u00e9, d\u00e9ball\u00e9, d\u00e9barrasser, d\u00e9manteler&#8230;) marquant le d\u00e9pouillement, tandis que les gens autour disparaissent dans la foule, s&#8217;\u00e9vanouissent : il y a un n\u0153ud secret entre la disparition des objets par cercles de plus en plus \u00e9troits autour du h\u00e9ros et la vie qui va se prolonger en cercles de plus en plus larges gr\u00e2ce \u00e0 ces m\u00eames objets emport\u00e9s. Et cela est superbement condens\u00e9 dans l&#8217;alliance du dernier soupir du personnage et du souffle de vie de la brise.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Charmant exercice de style de <strong>Remous<\/strong> avec &#8220;les \u00eeles &#8230; flottaient sur la mer&#8221; &#8230; jeu de cache-cache malicieux avec le lecteur comme avec l&#8217;amie d&#8217;enfance. Construction en miroir et entrelacement des sens et de la m\u00e9moire. Remous ou tourbillon, mot qui revient \u00e0 plusieurs reprises dans le recueil et qui peut traduire l&#8217;intensit\u00e9 des \u00e9motions ou la violence qui engloutit tout. Ici tremblement de l&#8217;\u00e2me, \u00e9motion douce et fac\u00e9tieuse du &#8220;cyclone&#8221; d\u00e9vastateur &#8230;, oppos\u00e9 au <strong>Tremblement de chair<\/strong> offrant le cruel \u00ab visage ravag\u00e9 \u00bb par la honte v\u00e9cue. Deux facettes de la vie : le corps complice et gardien des sensations ou le corps d\u00e9serteur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Vieillir ! Denise \u00e9teint les bougies en les soufflant (un saut dans l&#8217;ombre symboliquement), son pass\u00e9, d\u00e9roul\u00e9 chronologiquement, est sans retour possible. Rosa Ortega n&#8217;est pas m\u00eame s\u00fbre d&#8217;avoir le temps de broder ses 80 bougies. Elle ferme les yeux (c&#8217;est la fin ?!) &#8230; un instant seulement &#8230; car le bric-\u00e0-brac qui l\u2019entoure est vivant (on songe \u00e0 Giuseppe dans <strong>Fragments<\/strong>) ; sa m\u00e9moire est vivante (p.26).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tout l&#8217;arri\u00e8re-fond de tissage et de couture de cette histoire est aussi \u00e0 l&#8217;image de l\u2019\u00e9criture de Laurence Marconi : la trame solide porteuse de d\u00e9licats motifs, dans la lign\u00e9e (\u00e9tymologique) des rhapsodes.<br \/>\n\u00ab Le feu de mon d\u00e9sir \u00bb (<strong>Remous<\/strong>) \u00ab br\u00fblures des doigts \u00bb (<strong>Tremblement de chair<\/strong>) \u00ab \u00ab langues de feu \u00bb (<strong>Vie<\/strong> en noir et blanc), le Stromboli&#8230;, tout le recueil dit la flamme \u00e0 entretenir, dans ce recueil ouvert et clos dans la saison ardente : \u00ab C&#8217;est l&#8217;\u00e9t\u00e9 \u00bb (p.13) et juin &#8230; (p.107).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le lecteur comme les personnages, comme la bouteille lanc\u00e9e au d\u00e9but accomplit le<strong> Voyage jusqu&#8217;au bout<\/strong> (expression \u00e0 double entente) et l&#8217;ardeur demeure. Le premier texte esp\u00e8re qu&#8217;un inconnu pourra le (= le pass\u00e9) recueillir, le dernier marque cet accomplissement au-del\u00e0 de la mer, \u00e0 Ellis Island, un point d&#8217;ancrage qui a les caract\u00e9ristiques de toutes les \u00eeles (&#8220;\u00e0 la fois fermes et fragiles, immobiles et tremblantes&#8221; = quasiment des adjectifs \u00e9quivalant aux noms collines et ombre) et de toutes les vies. Les \u00eatres s&#8217;\u00e9teignent (p. 106 Anna) mais survivent \u00e0 travers les objets, les autres (\u00ab si c&#8217;est elle ou, \u00e0 travers elle, Anna \u00bb). Il y a un va-et-vient de la vie \u00e0 la mort (enflamm\u00e9 le c\u0153ur\/embrase un ciel d&#8217;\u00e9t\u00e9\/\/poudre\/cendre p.75) et toute mort n&#8217;est peut-\u00eatre qu&#8217;une disparition, un effacement momentan\u00e9 (le nom de Mario est grav\u00e9 \u00e0 jamais l\u00e0 o\u00f9 il attendait Anna et o\u00f9 il est enterr\u00e9 sans qu&#8217;on puisse pr\u00e9ciser l\u2019endroit : enfoui et visible) : voil\u00e0 pourquoi les larmes, le plus souvent, trouvent \u00e0 s&#8217;effacer (p.13\/p.107) car il y a toujours quelqu&#8217;un pour recueillir (13) \/se recueillir (106) et les myosotis\/<strong>Ne m&#8217;oublie pas<\/strong> fleurissent sur la colline (82) puis on les cueille, alternance de la lumi\u00e8re et de l&#8217;ombre, comme les carreaux noirs et blancs de la cuisine. Un autre texte reprend ce th\u00e8me jusque dans son titre (<strong>Une vie en noir et blanc<\/strong>) opposant la lumi\u00e8re de l&#8217;Italie qui aveugle Louis \u00e0 l&#8217;ombre de son salon (70) et tout le champ lexical du feu (Stromboli oblige !) est r\u00e9duit au papier &#8230; glac\u00e9. Le th\u00e8me de la &#8220;disparition&#8221; est bien marqu\u00e9 alors par &#8220;ne reverra plus jamais Rosine&#8221; ce qui n&#8217;est pas la mort mais le champ ouvert \u00e0 la m\u00e9moire, forme de r\u00e9sistance au vieillissement. Dans les yeux de Louis il y a une &#8220;petite lueur&#8221;.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ajoutons qu&#8217;il y a superposition des photos de Louis avec le film de Rossellini, une sorte d&#8217;empilement de diff\u00e9rents pass\u00e9s, comme si les \u00eatres reprenaient en charge le vieillissement interrompu des autres, pour offrir un prolongement infini. Esp\u00e9rons que les spaghettis de la page 71 ne lui ont pas \u00e9t\u00e9 servis fa\u00e7on Anna Magnani \u00e0 Rossellini.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8220;Aujourd&#8217;hui encore, si je ferme les yeux&#8221; (expression du r\u00eave \u2026 ou de la mort dans <strong>Ferry-boat<\/strong>) il y a confusion entre les passag\u00e8res c\u00f4toy\u00e9es jadis et les mouettes &#8230; confusion ou accomplissement po\u00e9tique de la m\u00e9moire car les Sir\u00e8nes \u00e9taient des femmes-oiseaux. Et m\u00eame si le ferry a fait place \u00e0 l&#8217;Eurostar, les Sir\u00e8nes font toujours entendre leur chant irr\u00e9sistible (comme pour Yves le marin du <strong>Sablier<\/strong>). Vieillir c&#8217;est accepter que la colline offre tour \u00e0 tour la lumi\u00e8re bleut\u00e9e des myosotis le jour et \u00e9tende son ombre \u00e0 d&#8217;autres heures, c&#8217;est entrer dans le cycle terrestre de la lumi\u00e8re ou dans celui des vagues qui \u00ab viennent de l&#8217;Est invisible, une \u00e0 une patiemment, repartent vers l&#8217;Ouest inconnu&#8221;, comme l\u2019\u00e9crivait Camus. Vieillir est \u00e0 l&#8217;image de cet inlassable brassage.<\/p>\n<p>Au total ce recueil tout en \u00e9quilibre et finesse, au maillage serr\u00e9 mais discret, offre un monde quasiment in\u00e9puisable : les effets d\u2019\u00e9chos, les miroitements d\u2019une page \u00e0 l\u2019autre nous guident dans un univers sans nostalgie car sans retour possible et nous font conna\u00eetre &#8220;les vents et les courants&#8221; pour \u00e9chapper aux tourbillons et poss\u00e9der ainsi comme maison (vie) &#8220;la derni\u00e8re \u00e0 \u00eatre aval\u00e9e par l&#8217;ombre de la colline&#8221;.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>***<\/strong><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\"aligncenter size-medium wp-image-1889\" src=\"https:\/\/www.zonaires.com\/wp-content\/uploads\/2013\/06\/Pau-1-300x316.jpg\" alt=\"Pau\" width=\"300\" height=\"316\" srcset=\"https:\/\/www.zonaires.com\/wp-content\/uploads\/2013\/06\/Pau-1-300x316.jpg 300w, https:\/\/www.zonaires.com\/wp-content\/uploads\/2013\/06\/Pau-1.jpg 639w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/>\u00c0 \u00e9couter : extraits du recueil de nouvelles &#8220;<strong>Parfait amou<\/strong>r&#8221; lus par l&#8217;auteure <strong>Fabienne Rivayran<\/strong>.<\/p>\n<audio class=\"wp-audio-shortcode\" id=\"audio-116-4\" preload=\"none\" style=\"width: 100%;\" controls=\"controls\"><source type=\"audio\/mpeg\" src=\"https:\/\/www.zonaires.com\/wp-content\/uploads\/2013\/01\/Fabienne-Rivayran-lecture-parfait-amour.mp3?_=4\" \/><a href=\"https:\/\/www.zonaires.com\/wp-content\/uploads\/2013\/01\/Fabienne-Rivayran-lecture-parfait-amour.mp3\">https:\/\/www.zonaires.com\/wp-content\/uploads\/2013\/01\/Fabienne-Rivayran-lecture-parfait-amour.mp3<\/a><\/audio>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>***\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><strong>Les Ravissants<\/strong> de <strong>Julie Legrand<\/strong>, recueil chroniqu\u00e9 par <strong>Zerbinette<\/strong> dans la <strong>revue Azenda<\/strong> (La R\u00e9union).<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" class=\"aligncenter size-large wp-image-1815\" src=\"https:\/\/www.zonaires.com\/wp-content\/uploads\/2013\/01\/Azenda-Les-Ravissants-645x1024.jpg\" alt=\"Azenda Les Ravissants\" width=\"480\" height=\"762\" srcset=\"https:\/\/www.zonaires.com\/wp-content\/uploads\/2013\/01\/Azenda-Les-Ravissants-645x1024.jpg 645w, https:\/\/www.zonaires.com\/wp-content\/uploads\/2013\/01\/Azenda-Les-Ravissants-283x450.jpg 283w, https:\/\/www.zonaires.com\/wp-content\/uploads\/2013\/01\/Azenda-Les-Ravissants-768x1219.jpg 768w, https:\/\/www.zonaires.com\/wp-content\/uploads\/2013\/01\/Azenda-Les-Ravissants.jpg 1018w\" sizes=\"(max-width: 480px) 100vw, 480px\" \/><strong>* * *\u00a0<\/strong><\/p>\n<p><b>La passerelle du hasard<\/b> de <strong>D\u00e9sir\u00e9e Boillot<\/strong>, recueil\u00a0chroniqu\u00e9 par <strong>Viviane Campomar <\/strong>dans l&#8217;\u00e9mission litt\u00e9raire<strong> de J.C. Caillette &#8220;Le lire et le dire&#8221; <\/strong>sur<strong> Fr\u00e9quence Paris Plurielle<\/strong><\/p>\n<audio class=\"wp-audio-shortcode\" id=\"audio-116-5\" preload=\"none\" style=\"width: 100%;\" controls=\"controls\"><source type=\"audio\/mpeg\" src=\"https:\/\/www.zonaires.com\/wp-content\/uploads\/2013\/01\/D\u00e9sir\u00e9e-Boillot-sur-FPP-2.mp3?_=5\" \/><a href=\"https:\/\/www.zonaires.com\/wp-content\/uploads\/2013\/01\/D\u00e9sir\u00e9e-Boillot-sur-FPP-2.mp3\">https:\/\/www.zonaires.com\/wp-content\/uploads\/2013\/01\/D\u00e9sir\u00e9e-Boillot-sur-FPP-2.mp3<\/a><\/audio>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>* * *<\/strong><\/p>\n<p><strong>La passerelle du hasard<\/strong> de <strong>D\u00e9sir\u00e9e Boillot<\/strong>, recueil comment\u00e9 par <strong>Martine Galati<\/strong><\/p>\n<p><span style=\"margin: 0px; font-family: 'Calibri',sans-serif; font-size: 12pt;\"><span style=\"color: #000000;\">Il est toujours un peu difficile de pr\u00e9senter un recueil de nouvelles, et encore plus quand il nous a particuli\u00e8rement plu. Par quelle nouvelle commencer ? Faut-il parler de toutes ? Et si non, sur quels crit\u00e8res baser sa s\u00e9lection ?<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"margin: 0px; font-family: 'Calibri',sans-serif; font-size: 12pt;\"><span style=\"color: #000000;\">Je vais donc tout d&#8217;abord vous dire que ce recueil &#8220;La passerelle du hasard&#8221;\u00a0est n\u00e9 sous la plume aguerrie de D\u00e9sir\u00e9e Boillot, qu&#8217;il vient de para\u00eetre\u00a0chez <\/span><a href=\"https:\/\/www.zonaires.com\/\"><u><span style=\"color: #0000ff; font-family: Calibri;\">Zonaires Editions<\/span><\/u><\/a><span style=\"color: #000000;\"> et que l&#8217;auteur nous y offre dix nouvelles d&#8217;une tr\u00e8s grande qualit\u00e9 litt\u00e9raire, sensibles, troublantes, dont l&#8217;humour est loin d&#8217;\u00eatre absent, et qui, chacune dans son style, chacune dans son sujet, y r\u00e9v\u00e8le des situations d&#8217;aujourd&#8217;hui, des drames de la solitude, mais aussi des petites espi\u00e8gleries, des petites mesquineries, qui soulagent ou, pour le moins, permettent de s&#8217;accorder avec la vie ou l&#8217;humeur du jour.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"margin: 0px; font-family: 'Calibri',sans-serif; font-size: 12pt;\"><span style=\"color: #000000;\">Prenez\u00a0par exemple ma pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e (parce que, oui, j&#8217;ai une pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e !) &#8220;A l&#8217;autre bout du banc&#8221;. Cette femme, qu&#8217;on devine d&#8217;un certain \u00e2ge, qui aime l&#8217;automne, va-t-elle finalement accepter de partager son banc, celui sur lequel elle aimerait tant apposer son nom pour qu&#8217;il soit sien et qu&#8217;elle n&#8217;ait pas\u00a0\u00e0 le partager justement ? Difficile quand on a pris certaines habitudes, \u00e9rig\u00e9es par une solitude que la vie nous a impos\u00e9e. Difficile en effet d&#8217;accepter que d&#8217;autres,\u00a0un autre,\u00a0se trouve\u00a0dans une solitude similaire et ait choisi ce m\u00eame banc, peut-\u00eatre pour des raisons identiques&#8230; ou pas.<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"margin: 0px; font-family: 'Calibri',sans-serif; font-size: 12pt;\"><span style=\"color: #000000;\">Difficile, \u00e7a l&#8217;est tout autant et s\u00fbrement davantage, quand il s&#8217;agit de faire son deuil d&#8217;une m\u00e8re qui a tout donn\u00e9 pour sa carri\u00e8re, sa c\u00e9l\u00e9brit\u00e9, une m\u00e8re absente forc\u00e9ment. Comment parvenir \u00e0 pardonner tous ces manquements qui ont fait qu&#8217;on s&#8217;est construit toute seule ? Comment accepter qu&#8217;on ne puisse plus revenir en arri\u00e8re, que ce qui est pass\u00e9 s&#8217;est pass\u00e9, qu&#8217;il n&#8217;y aura pas de deuxi\u00e8me chance ? Peut-\u00eatre, tout simplement, en parlant, en disant, en \u00e9voquant quand m\u00eame ce lien, cette parent\u00e9, ces racines qui sont ce qu&#8217;elles sont mais qui sont les n\u00f4tres et en les transmettant \u00e0 notre tour, du mieux qu&#8217;on peut, comme une passerelle. Du hasard ?&#8230; (nouvelle \u00e9ponyme)<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"margin: 0px; font-family: 'Calibri',sans-serif; font-size: 12pt;\"><span style=\"color: #000000;\">Et puis, sourire de cet homme qui se pare d&#8217;une moustache \u00e9loquente, l&#8217;entretient avec le plus grand soin, l&#8217;adapte \u00e0 toutes les situations. Sourire de ce &#8220;pacte&#8221; pass\u00e9 avec C\u00e9line, le jour de leur mariage : jamais elle ne lui demandera de la couper, sa moustache. Mais un pacte n&#8217;est-il pas fait pour \u00eatre rompu ? Avec toutes les cons\u00e9quences que cela peut entra\u00eener bien s\u00fbr. Et ne plus sourire&#8230; (Porte-bonheur)<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"margin: 0px; font-family: 'Calibri',sans-serif; font-size: 12pt;\"><span style=\"color: #000000;\">Sourire encore de cet homme (encore un !) qui fait le r\u00eave pr\u00e9monitoire de gagner au loto, qui m\u00e9morise tous les num\u00e9ros gagnants, les joue et attend le r\u00e9sultat avec une impatience difficilement contr\u00f4lable, commen\u00e7ant \u00e0 douter, notamment du dernier num\u00e9ro. Quelle revanche ce serait en effet que de pouvoir partir loin de sa famille, de son fils qui n&#8217;a plus aucun respect pour lui, malgr\u00e9 cette maladie qui le condamne \u00e0 court terme. Quel beau cadeau, il offrira ainsi \u00e0 sa ma\u00eetresse, Martine. Mais pourquoi donc n&#8217;arrive-t-il plus \u00e0 se souvenir de ce dernier num\u00e9ro ?!! (Absence)<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"margin: 0px; font-family: 'Calibri',sans-serif; font-size: 12pt;\"><span style=\"color: #000000;\">Sourire cette fois avec Oriane qui, non seulement doit subir les commentaires et r\u00e9flexions d\u00e9sobligeantes d&#8217;une belle-m\u00e8re toute impr\u00e9gn\u00e9e de sa\u00a0pseudo\u00a0autorit\u00e9, mais \u00e9galement ceux sarcastiques et de plus en plus m\u00e9chants, de son mari J\u00e9r\u00e9mie, pour qui elle est tr\u00e8s loin d&#8217;arriver ne serait-ce qu&#8217;\u00e0 la cheville de sa m\u00e8re. Rien n&#8217;est trop beau, trop parfait pour Madame sa m\u00e8re. Mais la patience et la docilit\u00e9 ont des limites que J\u00e9r\u00e9mie ferait bien de ne pas franchir&#8230; (Saturday Night Fever)<\/span><\/span><\/p>\n<p><span style=\"margin: 0px; font-family: 'Calibri',sans-serif; font-size: 12pt;\"><span style=\"color: #000000;\">Voil\u00e0. Je n&#8217;en dirai pas plus sur cet excellent recueil. Je ne vous dirai rien sur &#8220;Et peut-\u00eatre r\u00eaver&#8221;, &#8220;Le lustre&#8221;, &#8220;Le roi du macadam&#8221;, &#8220;Accident de parcours&#8221; et &#8220;Regard vol\u00e9&#8221;. Non pas parce que ces nouvelles ne le m\u00e9ritent pas, bien au contraire ! Mais parce que je pr\u00e9f\u00e8re que vous les lisiez vous aussi, que vous vous en appr\u00e9ciiez chaque mot, chaque phrase, chaque paragraphe, chaque contenu, que vous partagiez \u00e9galement toutes ces \u00e9motions, qui vont du sourire aux larmes, et que D\u00e9sir\u00e9e Boillot sait si bien valoriser. L&#8217;\u00e9criture de ces nouvelles r\u00e9v\u00e8lent une ma\u00eetrise parfaite de ce genre litt\u00e9raire. Tout a l&#8217;air de couler de source et c&#8217;est bien l\u00e0 qu&#8217;on en ressent toute la qualit\u00e9. Car nous savons bien justement, vous et moi, que rien ne va jamais de soi et qu&#8217;il faut un sacr\u00e9 talent pour nous laisser penser que c&#8217;est possible, que tout peut arriver. Dans un sens, comme dans l&#8217;autre.<\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>\u00a0* * *<\/strong><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\"aligncenter size-full wp-image-1566\" src=\"https:\/\/www.zonaires.com\/wp-content\/uploads\/2013\/01\/M\u00e9diath\u00e8que-Gap.jpg\" alt=\"mediatheque-gap\" width=\"620\" height=\"115\" srcset=\"https:\/\/www.zonaires.com\/wp-content\/uploads\/2013\/01\/M\u00e9diath\u00e8que-Gap.jpg 620w, https:\/\/www.zonaires.com\/wp-content\/uploads\/2013\/01\/M\u00e9diath\u00e8que-Gap-300x56.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 620px) 100vw, 620px\" \/><\/p>\n<p><strong>Ma vie n\u2019a pas plus de rides que la surface de cette tasse de th\u00e9 bon march\u00e9&#8230;<\/strong><\/p>\n<p><b><span style=\"margin: 0px; font-family: 'Arial',sans-serif; font-size: 12pt;\"><span style=\"color: #000000;\">Guan Jian, La pluie de l\u2019aube, Zonaires \u00e9ditions, 2016, 125 p. 13,50 \u20ac.<\/span><\/span><\/b><\/p>\n<p>Une biblioth\u00e8que dioc\u00e9saine a pour mission principale de mettre \u00e0 disposition de ses publics des ouvrages de th\u00e9ologie et d\u2019histoire de l\u2019\u00c9glise. Elle s\u2019inscrit forc\u00e9ment dans un territoire et, donc, est parmi les acteurs du livre de celui-ci. Mettre en valeur la litt\u00e9rature locale est l\u2019un des r\u00f4les de ces biblioth\u00e8ques. En effet, depuis deux mill\u00e9naires, l\u2019\u00c9glise a particip\u00e9 \u00e0 l\u2019histoire de la litt\u00e9rature.<\/p>\n<p><strong>Guan Jian<\/strong>, dont la biographie se trouve sans difficult\u00e9 sur internet, vit en France depuis 1990. Si elle r\u00e9side \u00e0 Lyon aujourd\u2019hui, elle est aussi Gapen\u00e7aise. Elle r\u00e9pond, par les actes, \u00e0 la question pos\u00e9e page 10 : \u00ab tu te sens facilement chez toi partout. Comment fais-tu ? \u00bb<\/p>\n<p>Lors de la publication de <strong>La pluie de l\u2019aube<\/strong>, <strong>Guan Jian<\/strong> a \u00e9t\u00e9 interrog\u00e9e par <strong>H\u00e9l\u00e9na Patras, pour RCF Alpes-Provence<\/strong>. <strong>L\u2019interview est disponible sur le site de l\u2019\u00e9diteur Zonaires<\/strong>. L\u2019auteur avait \u00e9galement donn\u00e9 \u00e0 la parution de <em>La cl\u00e9 de mes songes<\/em>, une interview pour l\u2019\u00e9mission commune \u00e0 RCF Alpes-Provence et Fr\u00e9quence Mistral, Marque Page.<\/p>\n<p><strong>N\u2019oubliez pas les saveurs de notre pays<\/strong><\/p>\n<p><strong><em>La Pluie de l\u2019aube<\/em><\/strong> est un recueil de nouvelles. Chacun des textes peut se lire ind\u00e9pendamment m\u00eame si l\u2019ouvrage a une coh\u00e9rence d\u2019ensemble. Le style po\u00e9tique, empreint de nostalgie, donne tout son cachet \u00e0 l\u2019ouvrage, comme le souligne Fran\u00e7oise Gu\u00e9rin, elle-m\u00eame nouvelliste lyonnaise, dans la pr\u00e9face.<\/p>\n<p>Si ce recueil est \u00e9videmment \u0153uvre d\u2019imagination, il nous dit beaucoup de la vie de l\u2019\u00e9crivain et de ses pays. Elle-m\u00eame \u00e9crit (p 119) \u00ab J\u2019ai le sentiment de marcher dans ses pas [ceux de Yan Shan Shan, l\u2019h\u00e9ro\u00efne]. Elle vit en moi. C\u2019est comme si j\u2019avais avec moi l\u2019\u00e2me de cette femme que je n\u2019ai jamais connue \u00bb.<\/p>\n<p><strong>Luc-Andr\u00e9 Biarnais<\/strong> archiviste du dioc\u00e8se de Gap et d&#8217;Embrun<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>* * * <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Fr\u00e9d\u00e9ric Gaillard &#8211; Jeux de dopes<\/strong><\/p>\n<p><strong>cyclisme-dopage.com &#8211; St\u00e9phane Huby<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><!-- ************ S'IL S'AGIT D'UN EXTRAIT ************ --><!-- ************ TEXTE DE L'ARTICLE ************ --><br \/>\nFr\u00e9d\u00e9ric Gaillard s&#8217;empare de la l\u00e9galisation du dopage, vieux serpent de mer de quelques-uns, et pousse la logique jusqu&#8217;au bout dans une nouvelle loufoque et, qui sait, visionnaire. Il a bien compris que l\u00e9galiser le dopage revient \u00e0 le rendre obligatoire puisque tout espoir de r\u00e9ussite serait vain pour qui voudrait pratiquer son sport sainement. Une fois ces rares mais nocifs sportifs \u00e0 l&#8217;eau clair ayant \u00e9t\u00e9 chass\u00e9s, tels <a title=\"Lire son portrait\" href=\"http:\/\/cyclisme-dopage.com\/portraits\/bassons.htm\"><u><span style=\"color: #0066cc;\">Christophe Bassons<\/span><\/u><\/a> chass\u00e9 par <a title=\"Lire son portrait\" href=\"http:\/\/cyclisme-dopage.com\/portraits\/armstrong.htm\"><u><span style=\"color: #0066cc;\">Lance Armstrong<\/span><\/u><\/a>, le Tour de France de la dope peut s&#8217;\u00e9lancer sous les vivats de la foule en d\u00e9lire, au premier rang desquels figurent sans doute les anciens fans de <a title=\"Lire son portrait\" href=\"http:\/\/cyclisme-dopage.com\/portraits\/virenque.htm\"><u><span style=\"color: #0066cc;\">Richard Virenque<\/span><\/u><\/a> ou de <a title=\"Lire son portrait\" href=\"http:\/\/cyclisme-dopage.com\/portraits\/jalabert.htm\"><u><span style=\"color: #0066cc;\">Laurent Jalabert<\/span><\/u><\/a>. Avouons-le, le Tour que nous d\u00e9crit Fr\u00e9d\u00e9ric Gaillard est infiniment moins ennuyant que celui que nous propose chaque \u00e9t\u00e9 France T\u00e9l\u00e9vision \u00e0 l&#8217;heure de la sieste. Il fait franchement envie et on rigole (jaune, bien entendu).<\/p>\n<div class=\"TexteNoir\" align=\"Left\">\n<p>Que les partisans de la lutte antidopage qui se font un max de fric gr\u00e2ce \u00e0 elle (comme nous) se rassurent. L&#8217;auteur a aussi pr\u00e9vu le maintien des contr\u00f4les, cette fois pour d\u00e9tecter et sanctionner s\u00e9v\u00e8rement les sportifs non dop\u00e9s. Qu&#8217;il en soit ici remerci\u00e9. Si sa pr\u00e9diction prend forme, nous pourrons lancer un www.cyclisme-eauclaire.com et continuer \u00e0 vivre grassement au soleil de Tahiti. Quant \u00e0 vous, nous vous conseillons la lecture de <i>Jeux de dopes<\/i>, une lecture parfaite pour vous changer les id\u00e9es entre Rolland Garros, Euro de foot, <a href=\"http:\/\/cyclisme-dopage.com\/annuaire\/annuaire-par-course.htm#tourdefrance\"><u><span style=\"color: #0066cc;\">Tour de France<\/span><\/u><\/a> et <a href=\"http:\/\/cyclisme-dopage.com\/annuaire\/annuaire-par-course.htm#jeuxolympiques\"><u><span style=\"color: #0066cc;\">Jeux Olympiques<\/span><\/u><\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>* * *<\/strong><\/p>\n<\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ma lecture du nouveau et beau recueil de nouvelles de\u00a0Thierry Radi\u00e8re\u00a0&#8220;<strong>Quand les femmes parlent apr\u00e8s l&#8217;amour<\/strong>&#8221; paru chez Zonaires \u00e9ditions<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>\u00c9coute et amour<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au moment o\u00f9 la parole se lib\u00e8re, des femmes se racontent. Dans ce qu\u2019elles ont de plus personnel, que leur propos soit grave ou plus futile. Elles se racontent au pass\u00e9 (\u00ab\u00a0<em>C\u2019est important les souvenirs<\/em>\u00a0\u00bb, dit une d\u2019elles), au pr\u00e9sent (sur ce qu\u2019elles viennent de vivre) mais aussi au futur de leurs attentes. Il n\u2019est plus ici, vu les circonstances, question d\u2019un parler s\u00e9ducteur, \u00e9rotis\u00e9 visant \u00e0 un co\u00eft.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Quand nous faisons l\u2019amour<\/em>, peut-on entendre dans la bouche d&#8217;une autre, <em>c\u2019est comme si tu rechargeais les batteries de mon \u00e2me.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La femme qui parle est s\u00e9curis\u00e9e affectivement, elle se confie sans contrainte d\u2019aucune sorte. Elle veut aussi marquer l\u2019amant de sa parole.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>&#8220;Je veux que tu te souviennes de moi, de mon histoire\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0\u00ab\u00a0<em>La m\u00e9moire, c\u2019est plus intime que le sexe\u00a0\u00bb<\/em>, lit-on dans les propos d\u2019une autre femme. Et une autre encore trouve que se raconter est plus impudique \u00ab\u00a0\u00e0 la limite\u00a0\u00bb que la vie sexuelle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Elles sont vingt-neuf. Il y a l\u2019amoureuse des Belges qui guette chez son amant des signes de belgitude. Celle qui fait l\u2019amour dans le noir\u00a0; celle au sexe naturellement parfum\u00e9 \u00e0 la fleur\u00a0; celle qui ne vit que pour \u00e9crire; l\u2019\u00e9tudiante tomb\u00e9e amoureuse de son prof\u00a0;\u00a0 celle qui entend des b\u00eates au plafond\u00a0; celle dont la passion est de cultiver un jardin\u00a0; celle qui admire l\u2019\u0153uvre de Basquiat, l\u2019Ile de R\u00e9 ou Fanny Ardant, physiquement et intellectuellement\u00a0; celle qui parle d\u2019un livre qu\u2019elle a aim\u00e9\u00a0; celle qui d\u00e9teste les hommes mous en tout, ce qui qui nous vaut une des plus belle pages sur ce th\u00e8me.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce sont surtout des femmes heureuses qui s\u2019expriment, font entendre leur voix. Aucune panne, nul fiasco de l\u2019homme \u00e0 d\u00e9plorer qui justifierait d\u2019une rupture du dialogue, d\u2019une cl\u00f4ture du langage<em>. <\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Toutes cr\u00e9ent un lien entre sexe et m\u00e9moire. Toutes sont en attente d\u2019une \u00e9coute, de quelqu\u2019un qui retiendra leur parole.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les prises de parole sont rendues sur deux ou trois pages maximum. On pourrait croire, \u00e0 quelques d\u00e9tails pr\u00e8s, que c\u2019est la m\u00eame femme, jamais pr\u00e9nomm\u00e9e, qui parle, \u00e0 divers moments de son existence. Le titre de chaque intervention est fait de la coordination de deux substantifs, de deux propositions comme <em>Cadeau et quotidien, Promesses et obscurit\u00e9, Je sais et je vis\u2026<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En fait, Thierry Radi\u00e8re rend hommage \u00e0 toutes les femmes. On peut aussi penser qu\u2019il parle (m\u00eame si l&#8217;homme de chaque nouvelle demeure muet), se dit \u00e0 travers elles. Il ne faudrait surtout pas r\u00e9duire le propos litt\u00e9raire de l\u2019ouvrage \u00e0 un aspect prosa\u00efque, assimiler le recueil \u00e0 un reportage, une enqu\u00eate, voire un t\u00e9moignage de l\u2019auteur puis\u00e9 \u00e0 diverses sources alors qu\u2019il s\u2019agit de pures fictions, cela dit, tout \u00e0 fait vraisemblables.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c0 la fin, on se dit que l\u2019entente, au sens propre, est un acte d\u2019amour au m\u00eame titre que le contact physique et, quand elle le prolonge et que le partenaire est \u00e0 l\u2019\u00e9coute, la relation est parfaite. La liaison amen\u00e9e \u00e0 se prolonger\u2026 \u00a0D&#8217;ailleurs, lire, n&#8217;est-ce pas aussi \u00e9couter l\u2019autre de l\u2019auteur ? Un acte d\u2019amour qui, s\u2019il est partag\u00e9, apr\u00e8s l\u2019\u00e9criture, fonde une union r\u00e9ciproque propice \u00e0 des \u00e9changes futurs entre lecteur et \u00e9crivain autour d\u2019un livre, d\u2019une parole commune ?<\/p>\n<p><strong>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00c9ric Allard du site <a href=\"http:\/\/lesbellesphrases.skynetblogs.be\">Les Belles Phrases<\/a><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>* * *<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><strong>Toi, ma p&#8217;tite folie<\/strong>, <strong>Danielle Akakpo<\/strong>, collection Lapidaires<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">N&#8217;ayez pas peur, je ne vais pas vous fredonner cette chanson de Line Renaud quoique cela pourrait contribuer \u00c3\u00a0 faire tomber la pluie qui nous manque en ce moment. Non. Je vais me contenter de vous glisser quelques mots \u00c3\u00a0 propos du dernier recueil de nouvelles de Danielle Akakpo paru dans la collection Lapidaires chez Zonaires \u00e9ditions.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Lapidaires, les sept nouvelles de ce recueil le sont assur\u00e9ment. Et une &#8220;p&#8217;tite folie&#8221;, tous les personnages principaux de ces nouvelles en poss\u00e8dent une belle !<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Que ce soit la transformation radicale li\u00e9e au mariage de Madame (Feuilles mortes et p\u00e9tales de roses), celle qui r\u00eave de son amant jeune et muscl\u00e9 le jour de son anniversaire de mariage (Mon moine rondouillard), celle qui f\u00eate la &#8220;Saint-Valentin&#8221; en compagnie de son amant &#8220;rien qu&#8217;\u00e0\u00a0 elle&#8221;, celui qui profite de la f\u00eate nationale pour s&#8217;offrir une nuit de folie (Vous parlez d&#8217;un quatorze juillet), celle qui assouvit sa vengeance familiale incognito (L&#8217;amour n&#8217;\u00e9tait pas dans la grange), l&#8217;\u00e9crivain en panne d&#8217;\u00e9criture qui esp\u00e8re retrouver l&#8217;inspiration dans un coin paum\u00e9 \u00e0\u00a0 la campagne (La porte bleue) ou encore celui, jeune bachelier, fuyant le destin trac\u00e9 pour lui par son p\u00e8re et cherchant sa voie artistique (D&#8217;une folie \u00e0\u00a0 l&#8217;autre), toutes et tous ont en eux ce petit quelque chose, ce petit grain qui va les faire passer de l&#8217;autre c\u00f4t\u00e9 du miroir ou les obliger \u00e0 seulement s&#8217;y contempler encore longtemps.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tout ce qu&#8217;on peut dire de ce recueil optimiste et hors normes, c&#8217;est que sa lecture nous fait un bien fou. Danielle Akakpo y \u00e9crit avec une l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 bienvenue et nous r\u00e9jouit quel que soit le sort final qu&#8217;elle r\u00e9serve \u00e0\u00a0 ses protagonistes. Quel qu&#8217;en soit l&#8217;intensit\u00e9 dramatique, &#8216;humour est omnipr\u00e9sent. La joie, la sinc\u00e9rit\u00e9 et la d\u00e9rision s&#8217;en m\u00ealent et c\u00f4toient all\u00e9grement tout un panel d&#8217;\u00e9motions qu&#8217;on ne peut que partager.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les textes sont courts, ardents et nous retournent comme une cr\u00eape en moins de temps qu&#8217;il n&#8217;en faut pour le dire et m\u00eame pour l&#8217;\u00e9crire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce recueil se lit \u00c3\u00a0 toute vitesse, vitesse grand V m\u00eame et on ne s&#8217;en rend compte que lorsqu&#8217;on atteint la derni\u00e8re page. Danielle Akakpo nous a pris, nous a \u00e9mus, nous a retenus, presque emprisonn\u00e9s, et on ne lui en veut surtout pas. Car elle nous a surtout fait rire en relevant comme personne la d\u00e9rision de toutes les situations \u00e9voqu\u00e9es. Elle nous a entra\u00een\u00e9s dans son p&#8217;tit grain de folie cr\u00e9atrice. Et pour tout cela, on la remercie !<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Martine Galati<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>* * *<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #993300;\"><strong>\u00ab\u00a0Est-ce que les enfants jouent pendant les guerres\u00a0?\u00a0\u00bb <\/strong><\/span><span style=\"color: #000000;\">recueil de \u00a0nouvelles<\/span><span style=\"color: #000000;\">de <strong>Jacqueline Dewerdt-Ogil<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Donner son avis sur un recueil de nouvelles est une gageure. Composer un recueil de nouvelles en est une bien plus audacieuse.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">\u00c9crire une nouvelle c\u2019est enfourcher un cheval bonasse, le mettre au trot puis au galop en lui murmurant \u00e0 l\u2019oreille\u00a0: tout beau mon vieux, on tient la piste, mais on ne s\u2019emballe pas. La fin viendra sans mort d\u2019auteur ni de canasson.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Certes il y aura des obstacles, des tr\u00e9pignements, des retours juste pour appr\u00e9cier le chemin parcouru. Si l\u2019auteure conna\u00eet l\u2019itin\u00e9raire, elle feint d\u2019ignorer l\u2019issue du voyage\u2026 pour se faire une surprise. C\u2019est sa r\u00e9compense.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Un cadeau qu\u2019elle nous fait, en toute complicit\u00e9&#8230;<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Chouette alors\u00a0! O\u00f9 allons-nous aboutir apr\u00e8s 3, 4, 5 pages\u00a0?<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Une molle \u00e9tendue de sable, un ab\u00eeme, un mouroir et pire\u00a0?<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Les nouvelles de Jacqueline Dewerdt-Ogil<span style=\"font-family: Times New Roman;\">\u00a0 <\/span><\/span><span style=\"color: #000000;\">nous dispensent des ficelles et autres manigances qui incitent \u00e0 refermer un bouquin \u00e0 la deuxi\u00e8me page.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Ses textes sont polis aux deux sens du terme. Habile magicienne un peu clown, l\u2019auteure nous entra\u00eene de r\u00eaveries en surprises. Ses histoires m\u2019\u00e9bouriffent <\/span><span style=\"color: #000000;\">l\u2019imaginaire, titillent mes grammaires. Jacqueline me bluffe \u00e0 en demeurer stupide, interloqu\u00e9e. Ah\u00a0! Cet art de la phrase tranquille que viole de suite le coup de b\u00e9lier. Et toc\u00a0! Jacqueline ne fait ni tapisserie ni tricot. Son \u00e9criture est virile au sens de vigoureuse. Sensibilit\u00e9 pas de sensiblerie. Pas de psychologie <\/span><span style=\"color: #000000;\">\u00e0 deux balles.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Mme\u00a0Dewerdt-Ogil est une auteure contemporaine. Ses textes sont des \u00ab\u00a0installations\u00a0\u00bb r\u00e9jouissantes. La langue s\u2019y d\u00e9brouille, puls\u00e9e, rythm\u00e9e sans jamais s\u2019alourdir ou s\u2019embrouiller. Elle \u00e9lague, jette les inutilit\u00e9s, trouve la beaut\u00e9 qui est simple, \u00e9vidente.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Les th\u00e8mes sont souvent des histoires de familles, solitudes, deuils impossibles, vies en jach\u00e8re, inabouties, cruaut\u00e9s ordinaires au point qu\u2019on ne les per\u00e7oit plus. Cette vie grin\u00e7ante et folle que Jacqueline Dewerdt-Ogil rep\u00e8re sans grands tralalas. Au lecteur les frais de l\u2019intelligence.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Oui, la vie est chienne (Vita Brevis), oui les \u00eatres sont insondables (Alice sous l\u2019averse). Mais il y a aussi des myst\u00e8res (Le Miracle).<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">L\u2019art de la nouvelle, selon moi, c\u2019est \u00e9crire peu pour dire tout. C\u2019est l\u2019art po\u00e9tique. Jacqueline D-O. y excelle.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">\u00c0 lire \u00e0 petits pas, \u00e0 savourer sans mod\u00e9ration. Revenir, repartir, s\u2019\u00e9tonner d\u2019un mot, d\u2019une rupture. Enfin prendre plaisir.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000;\">Recommandez ce livre \u00e0 vos amis gourmets de beaux textes. No\u00ebl est proche.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><span style=\"color: #000000;\"><strong>Marit\u00e9 Jacquet<\/strong>, auteure<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>* * *<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\"><strong>Est-ce que les enfants jouent pendant les guerres ? <\/strong><\/span>recueil de nouvelles de Jacqueline Dewerdt-Ogil<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Encore un coup de c\u0153ur, allez-vous me dire? Eh bien, oui, j&#8217;avoue et je l&#8217;assume compl\u00e8tement. Ce recueil de vingt nouvelles que Jacqueline Dewerdt-Ogil vient de publier chez <a href=\"https:\/\/www.zonaires.com\/\"><span style=\"color: #000000;\">Zonaires Editions<\/span><\/a> est une petite merveille du genre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le style est fluide, net, sans fioritures, percutant et va droit au but. Et cela, d\u00e8s la premi\u00e8re nouvelle, celle qui donne son titre au recueil et qui, elle-m\u00eame, est tout cela \u00e0 la fois et bien davantage.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans <span style=\"color: #000000;\"><a href=\"http:\/\/www.leslecturesdemartine.com\/2014\/10\/entretien-avec-jacqueline-dewerdt-ogil.html\"><span style=\"color: #000000;\">l&#8217;interview<\/span><\/a><\/span> qu&#8217;elle a eu la gentillesse de m&#8217;accorder, Jacqueline Dewerdt-Ogil parle de ses nouvelles comme autant &#8220;de personnes qui partent tout en conservant un regard tourn\u00e9 vers le pass\u00e9, dans un sens allant donc du pr\u00e9sent vers le pass\u00e9&#8221;. Certes il est question de ce regard port\u00e9 sur avant dans plusieurs de ces nouvelles. Mais pas dans toutes et je ne peux donc \u00eatre totalement d&#8217;accord avec l&#8217;auteur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si cette affirmation se r\u00e9v\u00e8le vraie dans la nouvelle \u00e9ponyme qui nous parle d&#8217;un retour au pays apr\u00e8s la guerre et de recherches d&#8217;identit\u00e9, de racines permettant de se construire, elle l&#8217;est beaucoup moins dans &#8220;Vita brevis&#8221; o\u00f9 le pass\u00e9 par la simple \u00e9vocation d&#8217;une m\u00e8re disparue mais encore omnipr\u00e9sente occupe toute la place et n&#8217;en laisse aucune au pr\u00e9sent.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">M\u00eame ressenti pour &#8220;Virtuelle randonn\u00e9e&#8221; qui retrace une rencontre \u00e9ph\u00e9m\u00e8re, aboutissement logique d&#8217;une longue correspondance virtuelle, bien ancr\u00e9e dans notre aujourd&#8217;hui et &#8220;Br\u00e8ve rencontre&#8221; o\u00f9 le hasard d&#8217;une discussion inattendue permet de prendre conscience de la place accord\u00e9e \u00e0 une situation d&#8217;autrefois qui n&#8217;a plus lieu d&#8217;\u00eatre \u00e0 pr\u00e9sent.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u00e0 o\u00f9 je suis d&#8217;accord avec l&#8217;auteur, c&#8217;est quand elle nous dit que ces nouvelles relatent des situations inabouties ou mal dig\u00e9r\u00e9es ou ni\u00e9es. C&#8217;est effectivement le cas \u00e0 de nombreuses occasions et c&#8217;est peut-\u00eatre ce qui m&#8217;a le plus \u00e9mue dans ces textes aussi divers que vari\u00e9s. Des personnes de tous horizons sociaux, culturels, professionnels ressentent les m\u00eames \u00e9motions, connaissent les m\u00eames sentiments remettant ainsi, d&#8217;un coup, chaque chose \u00e0 sa place. Le bien, le mal, le blanc, le noir, le gris de la vie frappent \u00e0 \u00e9gale distance, que l&#8217;on soit riche ou pauvre, bien dans sa peau ou h\u00e9sitant. Toutes ces \u00e9motions, tous ces sentiments, chacun est \u00e0 m\u00eame un jour ou l&#8217;autre de les ressentir, de les exprimer. Et c&#8217;est ce qui fait la force de ce recueil, ce c\u00f4t\u00e9 \u00e9quilibr\u00e9, d&#8217;\u00e9galit\u00e9 qu&#8217;on a un peu (beaucoup?) tendance \u00e0 oublier lorsque l&#8217;on est confront\u00e9 \u00e0 une certaine &#8220;injustice&#8221; et qui se dit ici librement et fort justement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une belle \u00e9criture qui claque, concise, directe et franche. Voil\u00e0 ce que nous offre Jacqueline Dewerdt-Ogil. Voil\u00e0 ce que j&#8217;ai appr\u00e9ci\u00e9 dans ce beau recueil et qui me fait porter cette lecture au rang de &#8220;coup de c\u0153ur&#8221;!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La palme revenant tr\u00e8s certainement \u00e0 la nouvelle &#8220;Le vase bleu&#8221; bref \u00e9change de lettres entre un fr\u00e8re et sa s\u0153ur qui, comme qui dirait, sent vraiment le v\u00e9cu!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De la belle ouvrage, oui!<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><strong>Martine Galati<\/strong>, journaliste<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>* *\u00a0*<\/strong><\/p>\n<p><span style=\"color: #993300;\"><strong>G\u00e9n\u00e9alogie de l&#8217;exode<\/strong> <\/span>d&#8217;<strong>Emmanuelle Cart-Tanneur<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000; font-family: Calibri; font-size: medium;\">Exode, exil, migrations, d\u00e9placements, fuites et d\u00e9routes\u2026 Toutou-risme peinard.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000; font-family: Calibri; font-size: medium;\">J\u2019aime les histoires, les contes, les r\u00e9cits et surtout de voyages.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000; font-family: Calibri; font-size: medium;\">Je ne crache pas sur ce qui a \u00e9t\u00e9 une des grandes joies de ma vie\u00a0: treks, vir\u00e9es diverses \u00e0 <\/span><span style=\"color: #000000; font-family: Calibri; font-size: medium;\">Pied, \u00e0 v\u00e9lo, en bus, en bateau, \u00e0 chameau\u00a0; bof\u00a0! Je suis un Homo Sapiens apr\u00e8s tout\u00a0!<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000; font-family: Calibri; font-size: medium;\">La nouvelle d\u2019Emmanuelle Cart-Tanneur nous trompe joliment par son titre savant. On s\u2019attendrait \u00e0 un essai sur les migrations, un truc ennuyeux qui ne nous apprendrait rien. Son conte enseigne mieux que des statistiques. Un conte c\u2019est de la chair humaine, bien \u00e0 c\u0153ur, bien palpitante\u00a0: chacun y puise ses sujets de r\u00e9flexion en toute libert\u00e9.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000; font-family: Calibri; font-size: medium;\">J\u2019aime les contes fantastiques sur fond de po\u00e9sie botanique. Ce Pablo je le vois en beau brun \u00ab\u00a0patalant\u00a0\u00bb sur des sentiers scabreux. Mais ce n\u2019est pas le sol qui s\u2019effondre sous ses pas, c\u2019est le r\u00e9el\u00a0! Alors chapeau \u00e0 l\u2019auteure. D\u00e9licieuse chute. Embarquement imm\u00e9diat\u00a0: le pass\u00e9 n\u2019est jamais bien loin. D\u00e9j\u00e0 il s\u2019annon\u00e7ait par la musique magique du \u00ab\u00a0Silbo\u00a0\u00bb\u00a0!<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000; font-family: Calibri; font-size: medium;\">J\u2019aime qu\u2019instruits de nos voyages nous en nourrissions nos \u00e9crits, qu\u2019avec d\u00e9licatesse nous retournions la peau du monde jusqu\u2019\u00e0 en d\u00e9voiler la sanglante obsc\u00e9nit\u00e9. <\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000; font-family: Calibri; font-size: medium;\">J\u2019aime cette nouvelle moebienne\u00a0bien dans l\u2019esprit de Cortazar. J\u2019aime les \u00e9ternels retours. Les \u00eatres humains qui marchent, qui s\u2019en vont, qui prennent tous les risques parce que peut-\u00eatre ce sera mieux l\u00e0-bas quitte \u00e0 trouver pire. L\u2019esclavage, la noyade, la solitude assur\u00e9s. Mais Sapiens est un lutteur, un \u00e9ternel survivant.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000; font-family: Calibri; font-size: medium;\">Sapiens depuis son d\u00e9part de la grande faille s\u2019est battu pour copuler, il s\u2019est battu pour dominer et \u00e9liminer. \u00ab\u00a0T\u2019es pas un ange mon pote\u00a0!\u00a0\u00bb Aujourd\u2019hui, il est nombreux partout\u00a0: c\u2019est vous c\u2019est moi, c\u2019est Pablo, c\u2019est la file interminable des demandeurs d\u2019asile, c\u2019est notre auteure vadrouilleuse.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000000; font-family: Calibri; font-size: medium;\">Les po\u00e8tes font de la po\u00e9sie comme ils respirent. Allez donc les en emp\u00eacher\u00a0! J\u2019aime leur exode joyeux sur les chemins qu\u2019ils inventent. Merci Emmanuelle d\u2019\u00eatre de cette plume-l\u00e0.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><strong>Marie-Th\u00e9r\u00e8se Jacquet<\/strong>, auteure<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>***<\/strong><\/p>\n<p><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"color: #993300;\"><a title=\"Double issue\" href=\"https:\/\/www.zonaires.com\/?p=430\"><span style=\"color: #993300;\"><strong>Double issue<\/strong> <\/span><\/a><\/span>de <strong>D\u00e9sir\u00e9e Boillot<\/strong><\/span><\/p>\n<p align=\"CENTER\"><strong>L\u2019am\u00e8re tension du manque<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le mythe de Cendrillon r\u00e9activ\u00e9\u3000? C\u2019est bien le moins pour une telle figure, en attente \u00e9ternelle de la reconnaissance d\u2019un regard\u2026 <em>Double issue<\/em>, c\u2019est le r\u00e9cit d\u2019une jeune d\u00e9sh\u00e9rit\u00e9e, une \u00ab Desdichada \u00bb que tout pr\u00e9destinait au bonheur\u3000: son intelligence, sa curiosit\u00e9 des choses de la vie, son go\u00fbt pour la r\u00eaverie et son amour immense des livres. De la d\u00e9sh\u00e9rit\u00e9e elle a toutes les qualit\u00e9s\u3000: du regret de l\u2019enfance perdue \u00e0 la douceur nostalgique d\u2019un amour pour le p\u00e8re d\u00e9funt, de la tendresse d\u00e9chirante pour une m\u00e8re oblig\u00e9e de se mettre en quatre pour l\u2019\u00e9duquer \u00e0 l\u2019admiration sans faille pour l\u2019<em>amie <\/em>au nom de fleur et de ville italienne\u3000:<em> \u00ab <\/em>Florence \u00bb\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Son pr\u00e9nom \u00e0 elle, c\u2019est \u00ab\u3000Arielle\u3000\u00bb. Un pr\u00e9nom aux consonances a\u00e9riennes, l\u00e9g\u00e8res, \u00e0 la fois comme l\u2019 \u00ab air \u00bb et comme \u00ab elle \u00bb. Ce qui fait\u3000: \u00abelle air\u00bb\u2026 \u00ab elle erre \u00bb\u3000?\u00a0 C\u2019est bien vers la M\u00e9diterran\u00e9e heureuse que ses errances imaginaires entra\u00eenent par exemple les r\u00eaves de notre \u00ab Desdichada \u00bb. En l\u2019occurrence vers Palerme, patrie lointaine du clan maternel que la m\u00e8re devra rejoindre au cours du r\u00e9cit \u00e0 la faveur d\u2019un coup f\u00e2cheux du hasard. Laissant \u00e0 Paris sa petite Arielle aux prises avec le <em>monstre<\/em> \u2013 la \u00ab tante Th\u00e9r\u00e8se \u00bb -, la m\u00e8re bien aim\u00e9e abandonne sa fille aux serres d\u2019une v\u00e9ritable harpie, acari\u00e2tre, jalouse et avare, qui r\u00e9actualise la figure de la mar\u00e2tre des contes. Entretemps d\u2019autres <em>prises<\/em> \u2013 de bec, de risques, mais surtout de mesures radicales, d\u00e9finitives et sans appel \u2013 auront \u00e9t\u00e9 assum\u00e9es par cette Cendrillon d\u2019un nouveau genre qui, d\u00e9cid\u00e9ment, n\u2019a pas froid aux yeux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce qui est beau ici, c\u2019est le miroitement des figures f\u00e9minines dont le r\u00e9cit est le prisme. Sommes-nous bien dans une nouvelle version de Cendrillon\u3000? Ou bien dans un \u00ab Pays des Merveilles \u00bb qui serait comme le retournement maudit d\u2019une r\u00e9alit\u00e9 perdue dont le chemin passe par l\u2019exploration d\u2019une cave habit\u00e9e par les rats ? Car il y a aussi, chez l\u2019Arielle de <em>Double issue<\/em>, de D\u00e9sir\u00e9e Boillot, un peu d\u2019Alice, qui va de d\u00e9couverte en \u00e9pouvante mais sait si bien, finalement, se rire des monstres\u2026 Et il y a, enfin, une \u00ab fille du feu \u00bb, qui regarde vers le volcan au loin, attendant l\u2019\u00e9ruption, mais qui se montrera capable de la provoquer. Double de l\u2019\u00ab Octavie \u00bb nervalienne qui ne peut, en guise d\u2019amour, que s\u2019attacher \u00e0 la figure tyrannique d\u2019un vieillard malade et impotent qui requiert sans cesse ses soins vigilants, \u00ab Arielle \u00bb est surtout en effet un pr\u00e9nom auquel il manque, durant tout le r\u00e9cit, un <em>nom<\/em>\u3000: le nom du p\u00e8re, \u00e9vanoui dans les limbes profonds de la mort et de l\u2019oubli, mais pourtant si pr\u00e9sent dans l\u2019am\u00e8re tension du manque qu\u2019il suscite, et dont le r\u00e9cit se nourrit jusqu\u2019\u00e0 la d\u00e9flagration r\u00e9paratrice.<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><strong>Eliane Th\u00e9pot<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><span style=\"color: #993300;\">* * *<\/span><\/strong><\/p>\n<p><a title=\"Double issue\" href=\"https:\/\/www.zonaires.com\/?p=430\"><strong>Double issue<\/strong> <\/a><span style=\"color: #993300;\"><span style=\"color: #000000;\">de <strong>D\u00e9sir\u00e9e Boillot<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je viens\u00a0 de lire le beau commentaire de Sylvie Dubin \u00e0 propos du roman de D\u00e9sir\u00e9e Boillot, \u00ab\u00a0Double issue\u00a0\u00bb. Livre dense que j\u2019ai d\u00e9vor\u00e9 puis grignot\u00e9. Au pays des rats il serait imprudent de ne pas se faire rongeur. Puis songeur. Bonjour tristesse.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sourire, cependant n\u2019est pas inutile quand on p\u00e9n\u00e8tre au pays des \u00eatres absurdes.<br \/>\nIl faut bien se prot\u00e9ger de ses propres d\u00e9mons quand on les rencontre au tournant d\u2019une page. Peut-\u00eatre que la litt\u00e9rature nous tend des miroirs o\u00f9 se refl\u00e8tent nos tentations de folie\u00a0?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je pense bien \u00e9videmment \u00e0 tous les obsessionnels de notre litt\u00e9rature, les marionnettes de Moli\u00e8re, de La Bruy\u00e8re\u00a0 (ah\u00a0! la belle \u00e9poque\u00a0!). Monstres certes mais tellement pitoyables qu\u2019on aurait envie de les consoler d\u2019\u00eatre aussi b\u00eates. Le sexe\u00a0! Le sexe\u00a0! Pas les tocs\u00a0!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce Tonton aurait excell\u00e9 \u00a0dans l\u2019art de composer des tableaux faits de mat\u00e9riaux de r\u00e9cup\u00e9ration. Mais chez lui aucune sublimation, pas plus que chez sa femelle. Leur amour de la merde (car vouloir \u00eatre<strong> trop<\/strong> propre, chercher la salet\u00e9 pour la soumettre n\u2019est-ce pas une mani\u00e8re d\u2019\u00e9rotisme de bas \u00e9tage\u00a0?) se transmute en sadisme minable \u00e0 l\u2019encontre\u00a0 de leurs parentes. Gen\u00eat et ses \u00ab\u00a0Bonnes\u00a0\u00bb ne sont pas loin\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La ni\u00e8ce. Oh la jolie petite humaine dispos\u00e9e \u00e0 la torture\u00a0! Une Arielle, une abeille dans cette ruche folle. C\u2019est elle qui va recevoir le trop plein de rage de ses oncles et tante.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Son amour pour sa m\u00e8re, femme sans\u00a0 d\u00e9fense, prisonni\u00e8re d\u2019une int\u00e9grit\u00e9 qui la livre \u00e0 divers martyrs, cet amour de l\u2019adolescente pour sa m\u00e8re fait d\u2019Arielle une protectrice engag\u00e9e jusqu\u2019\u00e0 l\u2019ultime. Mais elle n\u2019en sortira pas indemne cette enfant courageuse et inventive.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">J\u2019aime l\u2019\u00e9criture de D\u00e9sir\u00e9e Boillot. Au plus pr\u00e8s de son sujet. Je l\u2019imagine se r\u00e9galant \u00e0 construire ces caricatures humaines. Par sa plume, nous sommes dans la sensibilit\u00e9 d\u2019une ado des ann\u00e9es 1960.<br \/>\nNous voyageons dans son monde intime sans psychologisme. Seuls comptent les actes qui en disent long sur les \u00e2mes et leurs intentions.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un beau roman men\u00e9 tambour battant dans un monde d\u00e9sol\u00e9. Une m\u00e9taphore de notre monde o\u00f9 s\u2019accumulent les gains des march\u00e9s tandis que d\u2019innombrables humains en sont r\u00e9duits \u00e0 fuir l\u2019esclavage, pour tomber sous le joug d\u2019autres Entreprises. Fr\u00e8res humains expos\u00e9s \u00e0 la mort\u00a0 ou \u00e0 une vie \u00ab\u00a0underground\u00a0\u00bb. Les d\u00e9ratisations ne sont pas r\u00e9serv\u00e9es aux rongeurs.<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><strong>Marie-Th\u00e9r\u00e8se Jacquet, auteure<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><span style=\"color: #993300;\">* * * <\/span><\/strong><\/p>\n<p><a title=\"Double issue\" href=\"https:\/\/www.zonaires.com\/?p=430\"><strong>Double issue<\/strong> <\/a>de <strong>D\u00e9sir\u00e9e Boillot<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Et puis l\u2019oncle \u00e9tait radin\u00a0\u00bb\u00a0: tel est l\u2019incipit de ce roman, et son insolite argument. Car c\u2019est bien la pingrerie de l\u2019oncle Marcel et de la tante Th\u00e9r\u00e8se qui est au c\u0153ur de l\u2019intrigue. La jeune Arielle, contrainte de s\u2019installer chez eux avec sa m\u00e8re, se voit priv\u00e9e de tout\u00a0: de confort mat\u00e9riel, de nourriture, d\u2019intimit\u00e9, de libert\u00e9, et surtout, surtout, de tendresse. La m\u00e8re, assur\u00e9ment aimante, est une victime trop consentante pour \u00eatre d\u2019un quelconque soutien. N\u2019\u00e9tait la pr\u00e9sence de la blonde Florence, l\u2019amie patiente et attentive, et les r\u00eaveries dans la cave o\u00f9 elle trouve refuge, Arielle serait dans le plus profond d\u00e9sespoir. Double issue, donc, que cette amiti\u00e9 et ce havre souterrain, double lieu d\u2019o\u00f9 combattre le risque de d\u00e9pouillement et la s\u00e9cheresse du c\u0153ur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un lecteur press\u00e9 pourrait s\u2019arr\u00eater l\u00e0, \u00e0 l\u2019histoire vivement cont\u00e9e d\u2019une sorte de Cosette moderne. On rit plus qu\u2019on ne pleure \u00e0 l\u2019\u00e9vocation de certaines sc\u00e8nes\u00a0: l\u2019oncle \u00ab\u00a0partant \u00e0 la p\u00eache aux fruits tal\u00e9s, aux l\u00e9gumes tr\u00e8s murs, \u00e0 la viande bien avanc\u00e9e\u00a0\u00bb abandonn\u00e9s sur le march\u00e9, ou attrapant avec un aimant les pi\u00e8ces jet\u00e9es par les touristes dans la Fontaine M\u00e9dicis\u00a0; la tante inventant un syst\u00e8me de minuterie pour rationner l\u2019eau de la salle de bain ou \u00ab\u00a0s\u2019enfermant \u00e0 double tour pour compter son flouze\u00a0\u00bb. Oui, on rit, jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019on se trouve nez-\u00e0-nez avec les rats.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et des rats, il y en a de vrais et de figur\u00e9s dans ce roman faussement lisse. \u00c0 commencer, bien s\u00fbr, par l\u2019oncle et la tante qui, nous dit la narratrice d\u00e8s la page 12, \u00ab\u00a0vivaient comme des rats\u00a0\u00bb. La mention du rat, pr\u00e9coce dans le texte, n\u2019est pas innocente. L\u2019animal renvoie bien, dans l\u2019imaginaire occidental en tout cas, \u00e0 l\u2019avarice, mais aussi \u00e0 une certaine intelligence d\u00e9voy\u00e9e, <em>cruelle<\/em>. Arielle rencontre ce rat dans la cave, install\u00e9 <em>\u00e0 sa place<\/em> dans le canap\u00e9\u00a0: il est \u00e9norme et \u00ab\u00a0les billes rouges de ses yeux [la] fixaient avec insistance\u00a0\u00bb. Cette rencontre est capitale. Elle va faire basculer l\u2019histoire de la petite fille innocente, fragile, pers\u00e9cut\u00e9e, vers quelque chose de beaucoup plus trouble. Comme si Arielle la brune avait reconnu dans le regard du rat sa part sombre. Comme si elle y avait vu son double\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le compte rendu de lecture doit s\u2019arr\u00eater l\u00e0, sous peine de d\u00e9voiler l\u2019issue de l\u2019intrigue. Qu\u2019on se dise seulement que cette issue n\u2019est pas si simple qu\u2019on pourrait le croire\u00a0: le roman de D\u00e9sir\u00e9e Boillot porte d\u00e9cid\u00e9ment tr\u00e8s bien son titre\u00a0!<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><strong>Sylvie Dubin<\/strong>, auteure<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>***<\/strong><\/p>\n<p><span style=\"color: #993300;\"><a title=\"Le radeau de Victoire\" href=\"https:\/\/www.zonaires.com\/?p=127\"><span style=\"color: #993300;\"><strong>Le radeau de Victoire<\/strong> <\/span><\/a><\/span>de <strong>Marie-Th\u00e9r\u00e8se Jacquet<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le radeau de Victoire est un roman dont la construction en triptyque s\u2019organise autour de la figure de la m\u00e8re, La r\u00e9sistante, qui en est le volet central. Le premier volet, c\u2019est le p\u00e8re, un boulanger de m\u00e9tier qui n\u2019est pas avare en compromis et que l\u2019on surnomme \u00ab Le Boche \u00bb, parce qu\u2019il est alsacien et qu\u2019il parle parfaitement la langue de l\u2019occupant ; Victoire, leur fille, constitue le dernier volet.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Victoire a bien du m\u00e9rite. Sa m\u00e8re est intransigeante et suspicieuse, et m\u00eame si par certains c\u00f4t\u00e9s elle est admirable de force dans un monde o\u00f9 tout est pr\u00e9caire, son caract\u00e8re de cochon pousse sa fille \u00e0 d\u00e9velopper des strat\u00e9gies pour pr\u00e9server son \u00e9quilibre. Equilibre que Madame P\u00e9rignon lui procure \u00e0 travers l\u2019amour qu\u2019elle lui porte.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce roman d\u2019une rare authenticit\u00e9 et d\u2019une force d\u2019\u00e9criture \u00e9tonnante, offre une galerie de portraits o\u00f9 les femmes sont \u00e0 l\u2019honneur. Celui de Madame P\u00e9rignon en constitue sans doute le plus touchant. Le roman s\u2019ouvre sur une sc\u00e8ne de complicit\u00e9 d\u2019une tr\u00e8s grande po\u00e9sie entre la fillette et elle; \u00e0 chaque fois que ces deux-l\u00e0 se trouvent en pr\u00e9sence, le monde s&#8217;efface, quelque chose se remet \u00e0 battre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tout au long de ma lecture j\u2019ai \u00e9t\u00e9 frapp\u00e9e par l\u2019authenticit\u00e9 qui se d\u00e9gage de la petite enfance de Victoire ; il y a l\u00e0 une v\u00e9rit\u00e9 qui passe par le regard de la fillette. L\u2019auteur manifeste une immense tendresse pour ses personnages, en particulier pour cette m\u00e8re forte en gueule qui se bat de bout en bout du roman. Certaines sc\u00e8nes m\u2019ont \u00e9mue, d\u2019autres m\u2019ont fait rire aux larmes, aucune ne m&#8217;a laiss\u00e9e indiff\u00e9rente ; c\u2019est sans doute \u00e0 cela qu\u2019on reconna\u00eet les vrais \u00e9crivains.<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><strong>D\u00e9sir\u00e9e Boillot<\/strong>, auteure<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>\u2022 \u2022 \u2022<\/strong><\/p>\n<p><span style=\"color: #993300;\"><a title=\"Le radeau de Victoire\" href=\"https:\/\/www.zonaires.com\/?p=127\"><span style=\"color: #993300;\"><strong>Le radeau de Victoire<\/strong> <\/span><\/a><\/span>de <strong>Marie-Th\u00e9r\u00e8se Jacquet<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">J\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 lire \u00ab Le rat d\u2019eau de Victoire \u00bb. C\u2019est l\u2019histoire sans date d\u2019une gamine sans nom, sans \u00e2ge.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On devine qu\u2019elle est tr\u00e8s jeune, car ses phrases ne comportent qu\u2019un mot ou deux. Elle est dans la p\u00e9riode o\u00f9 l\u2019on passe du \u00ab pot \u00bb aux WC des grandes personnes. Elle se penche<br \/>\nau-dessus du trou\u2026. C\u2019\u00e9tait plus que ne pouvait supporter. Je suis all\u00e9 dans mon jardin, j\u2019ai creus\u00e9 mon trou, et j\u2019ai enterr\u00e9 le livre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le soir venu, tarabust\u00e9 par le devenir de la gamine, j\u2019ai couru dans le jardin d\u00e9terrer le livre et je me suis replong\u00e9 avidement dans sa lecture. Que l\u2019on se rassure : la gosse n\u2019avait pas disparu dans les \u00e9gouts. J\u2019ai fini par comprendre que l\u2019histoire se passait pendant la Seconde Guerre mondiale et<br \/>\nqu\u2019elle \u00e9tait racont\u00e9e \u00e0 travers la perception de l\u2019enfant, cette perception qui s\u2019aiguise au cours du temps et qui fait que le tableau, partant d\u2019une esquisse, prend corps peu \u00e0 peu sous les touches du pinceau.<br \/>\nBref, elle est fille de boulangers, part en exode avec sa m\u00e8re et son petit fr\u00e8re dans la voiture familiale, en laissant le papa \u00e0 la maison (il est Alsacien, il pourra se d\u00e9brouiller avec les boches). Quand la famille revient, elle constate que le papa en a profit\u00e9 pour s\u2019acoquiner avec une jeunette\u2026 Bref, j\u2019arrive \u00e0 la page 73 pour constater avec bonheur que mon intuition \u00e9tait bonne. La gamine est n\u00e9e en 1937, elle a donc un peu plus de deux ans au d\u00e9but du livre. Il faudra attendre encore un peu<br \/>\npour savoir qu\u2019elle s\u2019appelle Victoire, car tout le monde ne l\u2019appelle que Poupette.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette fa\u00e7on d\u2019\u00e9crire et de d\u00e9crire est finalement tr\u00e8s po\u00e9tique et dans la lign\u00e9e du c\u00e9l\u00e8bre po\u00e8me de Verlaine \u00ab L\u2019art po\u00e9tique \u00bb dans lequel il est \u00e9crit qu\u2019en po\u00e9sie, il faut que l\u2019ind\u00e9cis au pr\u00e9cis se joigne.<br \/>\nIl y a beaucoup de coqs \u00e0 l\u2019\u00e2ne dans lesquels l\u2019auteure retombe toujours merveilleusement sur ses pieds. C\u2019est vraiment \u00ab voluptueux \u00bb. Certains mots \u00ab savants \u00bb, inconnus de la gamine sont d\u00e9form\u00e9s de mani\u00e8re croustillante comme \u00ab les bassines de coq \u00bb et autre \u00ab loulou de pomme<br \/>\net radis \u00bb. Ce qui me permet de retomber moi-z-aussi sur mes pieds en rappelant le titre, \u00ab Le radeau de Victoire \u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">J\u2019avoue \u00eatre jaloux de ce livre et que j\u2019h\u00e9site \u00e0 aller l\u2019enterrer une seconde fois, car \u00e9tant n\u00e9 en 1940, c\u2019est un peu mon histoire que l\u2019auteure \u00e0 racont\u00e9 (ou plut\u00f4t celle du petit fr\u00e8re de Victoire, qu\u2019elle appelle le collabo !). Elle me coupe l\u2019herbe sous le pied. Je suis aussi parti en exode en voiture,<br \/>\nmais la diff\u00e9rence est qu\u2019elle \u00e9tait pouss\u00e9e par ma m\u00e8re. Rouen-Alen\u00e7on \u00e0 pied, \u00e7a fait une trotte, et le mois de juin 40 \u00e9tait caniculaire !<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Merci donc, Marie-Th\u00e9, pour ces belles pages dont la lecture a fait ressurgir beaucoup de mes souvenirs.<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><strong>Jean Calbrix<\/strong>, auteur<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>* * * <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #993300;\"><a title=\"Le radeau de Victoire\" href=\"https:\/\/www.zonaires.com\/?p=127\"><span style=\"color: #993300;\"><strong>Le radeau de Victoire<\/strong> <\/span><\/a><\/span>de <strong>Marie-Th\u00e9r\u00e8se Jacquet<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A peine ai-je embarqu\u00e9 sur \u00ab Le radeau de Victoire \u00bb que je file \u00e0 la rencontre de mondes multiples:s\u2019entrecroisent, voire s\u2019entrechoquent les gens d\u2019un quartier populaire d\u2019une ville du Nord,les membres variables d\u2019une famille de boulangers, les occupants, des prostitu\u00e9es, des b\u00eates aussi, tous jet\u00e9s dans les rapides de la guerre et les affres de l\u2019Occupation.Ce cadre \u00e2pre,aux moeurs brutales et menac\u00e9 de dislocation constitue le milieu \u00e9ducatif de cette fillette: Victoire,la bien nomm\u00e9e. \u00ab Le radeau de Victoire \u00bb,aussi instructif qu\u2019il puisse \u00eatre sous l\u2019angle de la connaissance pour un anthropologue,un sociologue des moeurs ou un psychologue,r\u00e9pond cependant \u00e0 une autre intention,me semble-t-il. C\u2019est le r\u00e9cit des souvenirs gard\u00e9s de son enfance que l\u2019auteur nous livre certes, mais c\u2019est surtout l\u2019exp\u00e9rience tr\u00e8s personnelle des sensations,\u00e9motions,affects et mouvements d\u2019\u00e2me qui traversent le corps et la psych\u00e9 de l\u2019enfant. Nous sommes invit\u00e9s \u00e0 partager l\u2019exp\u00e9rience de cette fillette grandissant dans une libert\u00e9 faite de contraintes et de d\u00e9r\u00e9liction. \u00bbLe radeau\u2026 \u00bb va moins vers le temps retrouv\u00e9 qu \u2018il ne s\u2019approche de la sensibilit\u00e9 de Victoire,restitu\u00e9e parce qu\u2019\u00e9tonnemment conserv\u00e9e dans une m\u00e9moire corporelle constitu\u00e9e alors et aujourd\u2019hui traduite dans la langue par le texte. \u00a0 Au temps du monde, celui de l\u2019\u00e9poque, v\u00e9cu par la fille du boulanger, errant dans la guerre comme Fabrice sur le champ de bataille de Waterloo, se substitue un temps intime, scand\u00e9 par l\u2019\u00e9closion de la sensibilit\u00e9 et les progr\u00e8s de la conscience. Cette m\u00e9moire sensorielle, m\u00ealant impressions, images,affects et mots d\u2019alors,l\u2019auteur semble l\u2019avoir cultiv\u00e9e depuis toujours pour enfin la reconfigurer ici dans un texte qui donne la parole \u00e0 l\u2019enfant qu\u2019elle gardait secr\u00e8tement en elle. \u00a0 L\u2019\u00e9tonnant n\u2019est donc pas tant la pr\u00e9cision et la justesse des \u00e9vocations que le point de vue original adopt\u00e9 sur ce qu\u2019est \u00e9prouver et comprendre,lorsqu\u2019on est un enfant. Rentrer dans le monde de Victoire,c\u2019est go\u00fbter au plaisir de voir rena\u00eetre, avec sa v\u00e9rit\u00e9 et sa fra\u00eecheur,le monde de l\u2019enfance, \u00e0 hauteur d\u2019enfant, par la magie d\u2019un style d\u00e9pouill\u00e9 d\u2019interpr\u00e9tations, sans surplomb ni fausse na\u00efvet\u00e9,au ras de la vie. Confront\u00e9e rudement aux autres, ballott\u00e9e, Victoire se bat pour survivre et trouver son chemin dans un certain chaos. Mise en mots, repr\u00e9sentable,l\u2019exp\u00e9rience devenue dicible est ma\u00eetris\u00e9e et partageable, enfin. \u00a0 Peut-on y voir un t\u00e9moignage d\u2019un style sp\u00e9cifique en litt\u00e9rature qui exorcise l\u2019angoisse, apprivoise l\u2019\u00e9motion, les d\u00e9passe dans une trace po\u00e9tique, une oeuvre.Cette langue qui peint et qui gu\u00e9rit en m\u00eame temps cr\u00e9e les conditions de ce style singulier : le style r\u00e9silient, mais joyeux!<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><strong>Marc Hominal<\/strong>, professeur de philosophie<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>* * * <\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a title=\"Un automne en ao\u00fbt\" href=\"https:\/\/www.zonaires.com\/?p=177\"><strong><span style=\"color: #993300;\">Un automne en ao\u00fbt<\/span> <\/strong><\/a>de<strong> Jean Calbrix<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En passant par la Picardie j\u2019ai trouv\u00e9 le roman de Jean Calbrix dans une librairie locale.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Comme la photo de couverture me rappelait un paysage de chez moi, j\u2019ai achet\u00e9 le volume et suis all\u00e9e m\u2019installer \u00e0 l\u2019ombre d\u2019une meule de foin. Bouteille d\u2019eau et couvre-chef antisolaire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">J\u2019aime la vie aux champs. Pas la grande surface \u00e0 marchandises.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">IL faisait chaud, \u00a0je me suis assoupie\u00a0; r\u00e9veill\u00e9e en sursaut de temps \u00e0 autre par le vacarme d\u2019un tracteur conduit par un mec pas mal qui m\u2019a lanc\u00e9 (il avait du coffre) alors vous aimez la lecture\u00a0?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">J\u2019ai relev\u00e9 ma capeline et ce chaud lapin de Robert (j\u2019ai fini par apprendre son nom au bistrot du village) n\u2019a pas demand\u00e9 son reste. Il\u00a0 craint les grands-m\u00e8res ce d\u00e9licat\u00a0! Quant aux autres femelles\u00a0\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Enfin le Robert m\u2019a r\u00e9veill\u00e9e \u00e0 nouveau \u00a0un peu plus tard. IL conduisait une vieille dodoche. IL m\u2019a lanc\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0alors la m\u00e9m\u00e9, il est pas encore fini ce livre\u00a0!\u00a0\u00bb Je lui ai fait un doigt.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A la campagne on lit lentement avec ces mouches, ces brins de paille qui taquinent et vous font perdre le fil. Je suis all\u00e9e me d\u00e9salt\u00e9rer au village. Le Robert y \u00e9tait avec sa copine, une brune pulpeuse et son copain Gaston (bougre\u00a0!) lui aussi appareill\u00e9 d\u2019une beaut\u00e9 rustique. J\u2019ai command\u00e9 un lait fraise et me suis assise \u00e0 l\u2019ombre d\u2019un vieux ch\u00eane. Oh il y avait du monde\u00a0! Les anciens tapaient du carton ou m\u00e9ditaient en fumant leur pipe.\u00a0 Des jeunes \u00a0plut\u00f4t remuants, travailleurs agricoles pour la plupart. C\u2019\u00e9tait calme. Je me suis endormie devant mon lait fraise et puis coup de tonnerre\u00a0; \u00a0la baston qui s\u2019\u00e9tait d\u00e9clar\u00e9e entre les villageois et une bande de blousons noirs venus \u00e0 moto. Robert et ses potes ont gagn\u00e9\u00a0 mais\u00a0 y avait du sang.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De toute fa\u00e7on le gros souci de la population c\u2019\u00e9tait ce m\u00e9t\u00e9orite qui avait envoy\u00e9 des radiations toxiques. Les c\u00e9r\u00e9ales allaient mal. J\u2019ai jet\u00e9 mon sandwich au jambon. Immangeable.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apparemment personne ne savait qu\u2019il y avait une guerre coloniale de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de la M\u00e9diterran\u00e9e. Le Robert p\u00e9rorait, la sagesse en personne et \u00e0 l\u2019imparfait du subjonctif plus quelques calembours. \u00a0Il est all\u00e9 aux \u00e9coles ce travailleur agricole, m\u00e9cano de surcro\u00eet\u00a0! Je suis certaine qu\u2019il a c\u00f4toy\u00e9 \u00a0Calbrix\u00a0 sur les bancs du lyc\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0Calbrix nous peint un monde rural qu\u2019il construit longuement, qu\u2019il \u00e9difie comme on monte des \u00a0\u0153ufs en neige, comme on monte des bottes de paille les unes sur les autres. Et puis badaboum\u00a0! Avec\u00a0 une rage jubilatoire, il\u00a0 d\u00e9construit. Les premiers \u00ab\u00a0l\u00e9gos\u00a0\u00bb subtilis\u00e9s ne mettent pas trop en danger\u00a0 l\u2019\u00e9difice. Il retire les cartes du ch\u00e2teau une \u00e0 une avec une joie perverse.\u00a0 Enfin lisez le livre pour en d\u00e9couvrir \u00a0la fin\u00a0!<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si vous \u00eates sensible vous allez souffrir. Si vous \u00eates un brin iconoclaste\u00a0 alors vous allez vous amuser jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9crabouillement final\u00a0! Calbrix\u00a0 ce n\u2019est pas Giono\u00a0\u00a0 ce serait plut\u00f4t Hara\u00a0 qui rit.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quant \u00e0 moi je me suis retrouv\u00e9e assise parmi des pissenlits \u00e0 raconter des histoires\u00a0 si tordues que mes enfants \u00a0m\u2019ont embarqu\u00e9e pour l\u2019asile.<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><strong>Marit\u00e9 Jacquet<\/strong>, auteure<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong><a title=\"Les 100 derniers jours\" href=\"https:\/\/www.zonaires.com\/?p=14\">Les cent derniers jours <\/a>(collectif d&#8217;auteurs)<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Outre le fait de constituer la toute premi\u00e8re publication de la toute nouvelle maison d\u2019\u00e9dition Zonaires, ce recueil de nouvelles <em>Les cent derniers jours<\/em> a aussi le m\u00e9rite de r\u00e9v\u00e9ler \u00e0 la face du monde la vision et la perception de quelques trente auteurs nouvellistes sur ce qu\u2019ont repr\u00e9sent\u00e9, pour eux, ces \u00ab cent derniers jours \u00bb avant notre derni\u00e8re \u00e9lection pr\u00e9sidentielle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La campagne \u00e9lectorale battait d\u00e9j\u00e0 son plein lorsque Patrick L\u2019\u00c9colier, \u00ab barman \u00bb actif et plein de ressources, ma\u00eetre d\u2019\u0153uvre du Caf\u00e9 Litt\u00e9raire Philosophique et Sociologique <a title=\"Calipso\" href=\"http:\/\/calipso.over-blog.net\">Calipso<\/a>, a eu cette v\u00e9ritable id\u00e9e de g\u00e9nie. Les auteurs habitu\u00e9s du lieu ont tous \u00e9t\u00e9 convi\u00e9s \u00e0 relever ce d\u00e9fi litt\u00e9raire d\u2019un genre nouveau, n\u2019h\u00e9sitant pas \u00e0 mettre la barre de la qualit\u00e9 de plus en plus haut pour le seul et unique plaisir des lecteurs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c7a, c\u2019est pour la petite histoire ! Car ce qui nous int\u00e9resse ici, ce n\u2019est pas tant de savoir qui en \u00e9tait (quoi que\u2026), ni qui a \u00e9crit quoi (quoi que\u2026 bis), mais bien de d\u00e9couvrir comment ce collectif d\u2019auteurs a envisag\u00e9 cet \u00e9v\u00e8nement de dimension nationale dont les retomb\u00e9es n\u2019en finissent toujours pas de nous \u00e9tonner.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Alors il y a \u00ab<em> Les 100 choses \u00e0 faire ou \u00e0 d\u00e9faire pendant une campagne \u00e9lectorale<\/em> \u00bb de Franck Garot, qui constituent le fil rouge du recueil et nous font presque regretter de n\u2019y avoir pas pens\u00e9 nous-m\u00eames.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il y a aussi le fameux \u00ab <em>Bleu Mogador<\/em> \u00bb de Patrick Denys, qui nous r\u00e9v\u00e8le l\u2019univers tragique des \u00ab sans-papiers \u00bb \u00e0 travers la vision optimiste qu\u2019un pays \u00ab accueillant \u00bb s\u2019acharne \u00e0 maintenir vivace. Bouleversant et tragiquement vrai.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La loufoque \u00ab <em>Histoire d\u2019amour<\/em> \u00bb de Danielle Akakpo c\u00f4toie all\u00e8grement la fable d\u2019Yvonne Oter \u00ab <em>Les deux coqs et la poule<\/em> \u00bb ou la raison du plus fort n\u2019est pas toujours celle qui en a l\u2019air\u2026 Avec s\u00e9rieux ou d\u00e9raison, avec d\u00e9rision ou solennit\u00e9, avec prudence ou inconscience, chacun, chacune s\u2019est exprim\u00e9 avec sa force et son talent d\u2019\u00e9criture. L\u2019\u00e9motion est bien pr\u00e9sente \u00e9galement, qui n\u2019oublie pas la n\u00e9cessaire touche d\u2019humour pour nous rappeler que tout ceci reste bon enfant, au pire ces histoires paraissent comme des bonnes blagues, des connivences \u00e9chang\u00e9es sur le zinc d\u2019un caf\u00e9. Sauf que\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sauf que ces r\u00e9cits nous interpellent plus que ce que l\u2019on voudrait bien laisser croire finalement. Si quelques uns nous font sourire, voire carr\u00e9ment rire, la r\u00e9alit\u00e9 d\u2019autres ouvre la porte \u00e0 bien des r\u00e9flexions. Est-ce ainsi que nous voulons la France ? Cette \u00e9lection pr\u00e9sidentielle a eu lieu avec le r\u00e9sultat que l\u2019on sait. Attendu ? Esp\u00e9r\u00e9 ? Regrett\u00e9 ? Refus\u00e9 ? Nous nous garderons bien d\u2019en juger. Sauf que, encore une fois, nous serions bien au fait de faire n\u00f4tres les derni\u00e8res intentions de Franck Garot \u00ab <em>94. Rappeler \u00e0 toutes fins utiles que les mots \u00ab candidat \u00bb et \u00ab candide \u00bb n\u2019ont pas la m\u00eame \u00e9tymologie<\/em> \u00bb, \u00ab <em>96. Se dire que dans certains pays on se bat pour avoir la possibilit\u00e9 de voter<\/em> \u00bb, \u00ab <em>97. Prier pour que la prochaine on aille voter pour le meilleur et pas pour le moins pire<\/em> \u00bb et surtout \u00ab <em>99. Aller voter<\/em> \u00bb en prenant garde cependant \u00e0 la centi\u00e8me !<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><strong>Martine Galati<\/strong>, journaliste<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Caf\u00e9 rencontre-Psychanalyse Le 19 d\u00e9cembre 2020 se tenait \u00e0 Gap dans le cadre des \u00ab\u00a0Caf\u00e9 rencontre-Psychanalyse\u00a0\u00bb une conversation entre Guan Jian, auteure de plusieurs livres publi\u00e9s en Chine et en [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","template":"","meta":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.zonaires.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/116"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.zonaires.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.zonaires.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.zonaires.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.zonaires.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=116"}],"version-history":[{"count":58,"href":"https:\/\/www.zonaires.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/116\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":119,"href":"https:\/\/www.zonaires.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/116\/revisions\/119"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.zonaires.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=116"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}